Critique : Jack Reacher de Christopher McQuarrie

Jack Reacher ? C’est le nom du héros créé par l’écrivain britannique Lee Child dans le style hard boiled. Christopher McQuarrie et Johs Olson ont tiré leur scénario du neuvième volume de ses aventures intitulé Folie furieuse (One Shot)*.

Ce film pourrait être juste une sorte de remake des polars virils des seventies… Et tout amateur du genre entreverra facilement les tenants et les aboutissants d »une intrigue policière aux ficelles un peu convenues et prévisibles. Toutefois un côté un peu Comics, une attention soutenue portée aux détails (aux mains en particulier), une course poursuite en voiture pour une fois justifiée, un dernier combat sous la pluie, un méchant classieux impeccablement incarné par Werner Herzog, la présence de Robert Duvall…donnent au film des allures de classique déjà vu mais que l’on redécouvre avec plaisir.

Plus étonnant, et c’est peut-être ce qui devient l’objet du film, ce héros dont on ne saura presque rien sinon qu’il a été policier militaire (army military police major), qu’il est arméd’une intelligence redoutable, qu’il a un goût extrême de la liberté et soif de justice, et qu’il n’a littéralement que sa chemise sur le dos. Plus le spectateur découvre cet homme, moins il en sait sur celui qui ne se livre jamais et ne concède rien. Le spectateur ne peut être qu’intrigué. Car au total, il est confronté à un super héros sans costume, à un Batman sans batmobile. Une scène de foule étonnante qui, sans que rien ne soit dit, protège spontanément Jack de la police.

Et d’intrigué on peut vite devenir fasciné d’autant plus que Tom Cruise, à l’état brut, est très à l’aise dans ce rôle de drifter à l’extrême limite de la marginalisation qui en impose. Mais qui se laissera émouvoir par une jeune fille paumée.

Une absence totale de glamour et de « brillance » caractérise le film qui montre comme sans y toucher l’envers du décor américain avec lequel manifestement Jack Reacher est familier. Une mère qui fume du crack sur le porche d’une maison sordide n’est pas pour le choquer.

Cependant, le film qui se veut froid et implacable, comme un coup de poing en pleine face sec et nerveux n’est malheureusement pas assez puissant pour mettre le spectateur KO. Ce sera peut-être le cas dans un prochain opus car la fin pourrait appeler une suite puisque Lee Child a écrit plusieurs autres épisodes de cette saga.

*La traduction française est parue chez Fleuve noir en 2006

Laurence 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *