Critique : Joe, de David Gordon Green

Un ex-taulard se lie d’amitié avec un jeune garçon perdu dans un bled de l’Amérique profonde. Avec un tel pitch, difficile de ne pas penser à Mud de Jeff Nichols, surtout que Tye Sheridan incarne le jeune garçon dans les deux films. Pourtant si les deux cinéastes filment avec le même mysticisme ce sud américain, en l’enrobant d’une lumière quasi divine, la ressemblance entre les deux longs métrages s’arrête là.

David Gordon Green a une vision plus brutale de sa terre natale. Ici des chiens méchants gardent les bordels, les batailles dans les bars se finissent au tesson de bouteille et les alcooliques vendent leurs enfants en échange de leur précieuse bibine. Bref un monde dans lequel l’innocence a disparu depuis longtemps… Durant les vingt premières minutes, le film patine un peu entre des scènes d’exposition trop longues et d’autres qui n’apportent rien à l’histoire. Mais une fois qu’il a trouvé son rythme, Joe décolle pour nous offrir de beaux moments de cinéma. L’apothéose se situe dans une scène de ballade entre les deux amis à la recherche d’un chien. Magique.

L’autre atout de Joe est évidemment ses comédiens. Quel plaisir de retrouver le Nicolas Cage de Sailor et Lula et de Leaving Las Vegas. C’est simple, il n’avait pas été aussi bon depuis au moins 1o ans. Avec sa barbe et son charisme silencieux, il incarne le héros à l’ancienne comme on n’en fait plus. Et Tye Sheridan, en pleine mutation, confirme tout le bien que l’on pensait déjà de lui. Sa décontraction et son naturel font des merveilles à l’écran.

Après Prince of Texas et maintenant Joe, David Gordon Green s’inscrit dans cette nouvelle génération de cinéastes américains ayant un regard personnel, à la fois réaliste et poétique sur leur pays. On en redemande…

Marianne

 

 

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