Critique : Joy, de David O. Russell

Jennifer Lawrence (Hunger Games, X-Men, Serena...) est une icone. Elle incarne une certaine idée moderne de la star américaine. Et de la femme. Alors qui pouvait mieux qu’elle se fondre dans le rôle de Joy Mangano, femme créative et audacieuse qui a inventé le balai magique (Miracle Mop) ? Certes, après Happiness Therapy et American Bluff, la jeune actrice est sans doute devenue une muse pour David O. Russel mais honnêtement aucune autre n’aurait pu être sa Joy.

Rêve américain. Joy est une success story. Mais au XXIe siècle, le rêve américain a du plomb dans l’aile. Le cinéma de David O. Russel s’intéresse aux laissés-pour-compte ou plus encore à ceux qui ont une revanche à prendre sur la vie. Le self made man devient ici un self made woman et forcément le chemin vers la réussite sera plus compliqué. Car en plus de faire face à la loi du marché, elle devra se battre pour exister en tant que femme. Un double combat épuisant surtout au siècle dernier.

Famille je vous hais. La famille dysfonctionnelle  a déjà été explorée dans la cinématographie de David O. Russel. On se souvient encore avec émotion de la mère cannibalisante de The Fighter ou de l’ex-jalouse de American Bluff. Celle de Joy atteint sans aucun doute des sommets. On y trouve pêle-mêle : une mère recluse dans sa chambre, un père coureur de jupons, un belle mère méprisante,  un ex-mari inconstant et une demi-sœur jalouse… Si cette redoutable fratrie donne lieu à de joyeuses séquences de  » bordel  » familial, elle est surtout un fardeau que Joy devra supporter toute sa vie. Le final doux amer viendra d’ailleurs rappeler que l’on peut échapper à son destin mais peut-être pas à sa famille ?

Mise en scène rock n’ roll. Comme dans ses autres films, la musique est un élément important de la mise en scène. Film profondément rock’ n’ roll, Joy est raconté comme un conte, sans prince charmant. Mais avec des séquences oniriques, des personnages délirants et un final sous forme de twist. Bref un conte aussi moderne que son héroïne.

Jennifer Lawrence super star. Bon ça va devenir un peu lassant à force, mais avec Joy , Jennifer Lawrence tient certainement une de ses prestations les plus réussies. Pratiquement de tous les plans, la jeune actrice compose une femme créative, une mère courage et une femme d’affaires déterminée. Elle est ébouriffante, forte et drôle à la fois. Et si ça lui valait un oscar ? Une statuette pour un rôle sur l’inventrice du balai magique. Il n’y a que les Américains pour faire ça.

Marianne

Le film en bref : Ode à la liberté de création autant qu’à la femme libérée, Joy est un film qui réinvente le rêve américain avec un style rythmé, un casting en pleine forme (Robert de Niro, Bradley Cooper, Isabella Rossellini…) et une bande-son d’enfer.

Photo : ©2015 Twentieth Century Fox

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