Critique : Jurrasic World, de Colin  Trevorrow

Qui n’en a pas rêvé ? 22 ans après le premier film de Steven Spielberg, le parc à dinosaures imaginé par Michael Crichton est enfin ouvert. En un plan aérien magnifique, le fantasme du millardaire John Hammond prend vie sous nos yeux de spectateurs émerveillés. Le pouvoir de séduction est immédiat.

Colin Trevorrow semble avoir très bien compris que pour réussir son défi, il devait jouer à fond la carte de la nostalgie. Les références au film de 1993 sont donc nombreuses. Cela va des lunettes de vision nocturne au petit panneau indiquant la direction du port, en passant par le petit bonhomme ADN. On a presque l’impression de visiter un musée qui sortirai tout droit de notre imaginaire collectif.

Évidemment comme dans la jungle tout le monde vous entendra crier, on se doute bien que ces charmantes bébêtes ne resteront pas des attractions très longtemps. On attend donc patiemment de voir les mécanismes de ce parc magnifique se griper et voir le rouge remplacer le vert. Les scènes trépidentes s’enchaînent, l’Imperius Rex se déchaîne, Bryce Dallas Howard court en talons dans la gadoue et les scientifiques préparent un mauvais coup.

Rien de bien original, mais tout cela fonctionne parfaitement car jamais Colin Trevorrow ne prend jamais ça au sérieux. D’ailleurs, on rit plus qu’on n’est vraiment effrayé par ces dinosaures version 2015, qui n’ont pourtant rien perdu de leur mordant. On aurait bien aimé avoir un plus peur quand même…

Mais Colin Trevorrow n’étant pas Spielberg, la magie s’est malheureusement perdue un peu en chemin. La faute en revient principalement à l’écriture des personnages. Chris Pratt (Les Gardiens de la Galaxie) et Bryce Dallas Howard (La Couleur des sentiments) semblent tout droit sorti d’un film d’aventure des années 40. Les enfants (Nick Robinson et Ty Simpkins) sont mignons mais pas assez attachants. Quand aux seconds rôles, ils sont au choix inexistants (Omar Sy…) ou carricaturaux (le bad guy Vincent d’Onofrio tellement meilleur dans Dardevil).

C’est dommage car en plus d’être un bon divertissement, Jurrasic World fait passer un message intéressant sur la folie du monde actuel qui court derrière le progrès quel qu’en soit les conséquences et sur notre manière de traiter la nature et les animaux. On peut également y lire une critique assez jouissive sur les blockbusters eux-mêmes, devenus des machines toujours plus explosives pour conquérir des spectateurs blasés. Nous, en tout cas, on n’a rien contre les divertissements old school qui prenaient leur temps.

Moralité ? T-Rex 1/Imperius Rex 0

Marianne


Photo : © Universal Pictures

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