Critique : Kingsman, Services Secrets, de Matthew Vaughn

Matthew Vaughn est cool. Après avoir cassé la baraque avec Kick Ass  et relancé brillamment la franchise X-Men, le cinéaste s’attaque à un autre genre mythique de la pop culture : le film d’espionnage. Et son parti pris est ultra simple : James Bond, Jason Bourne, Jack Bauer ne font plus rêver les gamins. Certes, ils sont charismatiques, invincibles, impitoyables… mais vraiment pas drôle. Kingsman, adapté du comics du même nom, entend redonner ses lettres de « fun attitude » au super espion. Vous allez adorer.

Dès le générique, l’intention du cinéaste est claire : on s’amuse mais avec du style. Dans son monde de rêve, le MI6 ne réunit pas l’élite des espions. Ces derniers appartiennent à une organisation « encore plus secrète » , les Kingsman. Soit une flopée de gentleman anglais qui se servent des noms des chevaliers de la table ronde comme fausse identité. Colin Firth (Magic in the Moonlight) est parfait en agent faussement snob, qui prend sous son aile le jeune Eggsy (Taron Egerton) petite frappe des banlieues anglaises.

Pour le reste, Vaughn et ses scénaristes connaissent tous les James Bond par coeur. Le méchant mégalo et puéril, la tueuse impitoyable, le plan machiavélique, les gadgets impossibles, les cascades et les bastons. Rien ne manque ou presque. Sauf que le ton est résolument cartoonesque, frôlant même la parodie par moment. Austin Powers n’est pas loin, mais le cinéaste préfère la mise en abyme à la pure bouffonnerie. Les personnages s’interrogent eux même sur cet âge d’or disparu du film d’espionnage. Ils jouent consciemment avec les codes, en recopient certains et en déforment d’autres.

Cette dimension méta n’est pas dénuée d’une certaine nostalgie comme dans cette séquence où Colin Firth avoue que les nouvelles technologies ont remplacé les gadgets d’autrefois. Pas de doute Kingsman est un film qui s’inscrit pleinement dans son époque.

Mais derrière cette façade ultra cool, Vaughn dégaine, une fois de plus, son arme secrète. Celle qu’il avait déjà distillé, mine de rien, dans ses films précédents. La violence qu’il déchaîne n’est jamais anodine. Dans Kingsman, on raille les puissants, les riches âpres au gains, les politiciens véreux et les réactionnaires de tout poil. Ces derniers ont droit d’ailleurs à un traitement de faveur dans le cadre d’une scène complètement délirante dans une église.

Jouissif, vous avez dit jouissif ? A Lost in Universes on adhère.

Marianne

 ap
Photo : © Twentieth Century Fox

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