Critique : La Belle et la Bête, de Christophe Gans

Les réalisateurs de films fantastiques français se comptent sur les doigts de la main. Christophe Gans en fait partie. Mais ses réalisations se font rares. Silent Hill, son dernier long métrage (américain), remonte déjà à 2006. Entretemps, il a tenté de monter de nombreux projets ambitieux qui n’ont pas abouti comme le Cavalier suédois, Bob Morane ou encore Fantômas. C’est finalement avec une relecture de la Belle et la Bête que le cinéaste fait son grand retour.

Entre le chef-d’oeuvre surréaliste de Jean Cocteau et le long métrage de Disney, pas facile pour Christophe Gans de trouver un nouvel angle d’attaque. Et pourtant cette vision 2014 du célèbre conte se révèle plutôt réussie. Concernant l’univers visuel, les images de la bande-annonce ne faisaient pas de mystère. Gans a, comme à son habitude, imaginé un décor unique, à la frontière entre le rêve et le cauchemar. Entre les robes magnifiques de Belle (mention spéciale au modèle rouge sang), les créatures fantastiques (petites et grandes) et les transitions imagées entre le présent et les souvenirs… impossible de ne pas tomber sous le charme de ce monde féérique. Le château, à mi-chemin entre celui d’Harry Potter et celui du jeu vidéo Prince of Persia, s’imposera certainement comme l’une de ses plus belles créations.

Mais ce n’est pas la seule qualité de ce long métrage. Christophe Gans a fait preuve d’une vraie inventivité pour revisiter cette histoire. Tout en restant proche du conte originel, il a mis en place des éléments mythologiques convaincants qui donnent un supplément d’âme à ces personnages mythiques. Bien sûr, tout n’est pas parfait. Par exemple, certaines idées tombent à plat par manque de développement (comme les petites créatures complètement inexploitées). Il faudra aussi faire l’impasse sur quelques dialogues légèrement pompeux et un méchant assez classique.

Léa Seydoux (La Vie d’Adèle et bientôt dans The Grand Budapest Hotel) compose une Belle charmante mais légèrement hautaine. C’est assez déconcertant mais ce n’est pas pour nous déplaire. Vincent Cassel (Trance) a opté lui pour la sobriété dans ce double rôle à la Docteur Jekyll et Mister Hyde. L’alchimie amoureuse prend un peu de temps à se mettre à place. Mais à la fin, on en est sûr, ils étaient faits l’un pour l’autre ces deux-là.

Marianne

 

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