Critique : La Fille du patron, de Olivier Loustau

Il était une fois dans une usine textile. Alix, ergonome diplômée et fille du patron rencontre Vital, ouvrier quarantenaire en quête de renouveau. Entre ces deux-là, contre toute attente, l’alchimie est palpable. Vous connaissez la suite…

Un homme et une femme. Alfred Hitchcock disait que tous ses films commençaient de la même façon :  Un homme rencontre une femme. Olivier Loustau reprend ce crédo à la lettre sauf que La Fille du patron n’a rien d’un thriller hitchcockien. Loustau joue plutôt la carte de la comédie sociale. Car Alix et Vital, en plus de la différence d’âge, appartiennent à des milieux sociaux différents. L’ouvrier et l’intellectuelle, les Romeo et Juliette modernes.

Lutte de clans. Car comme nous le rappelle Loustau, malgré ce que les  érudits de ce monde essaient de nous faire croire, la lutte des classes n’a pas disparu. Même si la frontière entre les êtres paraît désormais plus ténue, on parle plus volontiers de lutte de clans, elle n’en est pas moins aussi pernicieuse. Le rugby sert ici de lien social entre les individus. Il permet de se transcender comme la danse dans le génial Billy Elliot. Alix et Vital tentent de résister. On ne saura pas vraiment si leur histoire peut marcher mais ils ont réussi à se lever contre l’ordre établi. C’est déjà pas si mal.

Justesse de ton. Loustau fait du cinéma réaliste mais sa réalisation manque un peu d’intention et de créativité pour se démarquer des autres films de ce type. Parcontre, La Fille du patron a un point fort : la justesse de l’interprétation. Comédiens confirmés (Christa Théret, Florence Thomassin) ou anonymes, ils forment un groupe cohérent, joyeux et vivant. Et c’est sans doute cela que l’on retiendra.

Marianne

Le film en bref : Du cinéma social à la française qui s’appuie sur des comédiens solides et un ton juste. Dommage que la mise en scène n’est pas l’envergure suffisante pour souligner le propos. Ce qui n’empêche pas l’ensemble d’être intéressant surtout pour un premier film.

Photo : ©Wild Bunch Distribution

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