Livre : La Fille du train, de Paula Hawkins

Vous n’aurez certainement pas échappé à La Fille du train de la britannique Paula Hawkins. C’est l’un des best-sellers de l’été. Un premier roman. Un coup de maître.

La vie de Rachel est rythmée par les deux trains qu’elle emprunte tous les jours pour se rendre de sa banlieue à Londres et inversement. Elle s’asseoit toujours à la même place, près de la fenêtre. Le temps d’un arrêt, elle observe une jolie maison et épie ses occupants. Un couple qu’elle imagine amoureux, heureux. Un homme et une femme qui lui rappellent son bonheur passé. Elle invente leur quotidien. Leur donne des prénoms, Jess et Jason. Jusqu’au matin où ce n’est pas Jason qu’elle aperçoit dans les bras de Jess mais un inconnu. A partir de là, tout déraille. Quelques jours plus tard, Rachel apprend que Jess, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu… De spectatrice, Rachel va devenir actrice en cherchant à connaître la vérité et à raccrocher les wagons.

Un premier roman vendu à plus de trois millions d’exemplaires, traduit dans quarante-deux pays, encensé par Stephen King, dont les droits d’adaptation au cinéma ont été rachetés par les studios Dreamworks de Steven Spielberg, qui sera porté à l’écran par Tate Taylor (La Couleur des sentiments) et dont les héroïnes seraient incarnées par Emily Blunt (Edge of Tomorrow, Into the Woods),  Rebecca Ferguson (Mission impossible : Rogue Nation) et Haley Bennett (The Equalizer), qui dit mieux ? Ce thriller psychologique est un train lancé à grande vitesse. Une réussite expresse.

La Fille du train, c’est d’abord une narration à trois voix. Trois voix de femmes aux destins brisés qui apportent des éclairages différents à la même scène. De quoi égarer le lecteur sur le chemin de la vérité. Qui dit vrai ? A qui faire confiance ? A Rachel, la dépressive-alcoolique en proie à des black-out ? A Megan au passé mystérieux et trouble ? A Anna, la nouvelle femme de l’ex-mari de Rachel, qui tente désespérément de sauver son couple ? La profondeur des personnages est sans conteste la locomotive de ce polar. Servi également par une intrigue subtilement construite, parfaitement ficelée avec une montée progressive du suspens. Sans parler de la ferveur quasi obsessionnelle avec laquelle Rachel mène l’enquête. L’atmosphère paranoïaque n’est pas sans rappeler les films d’Alfred Hitchcock dont l’auteure revendique volontiers l’influence. La première phrase du roman, habilement accrocheuse, « Cher lecteur, nous sommes tous des voyeurs », nous renvoyant directement à Fenêtre sur cour.

La Fille du train est un polar qui répond aux exigences du genre : palpitant, captivant, étouffant.
A lire.

La Fille du train, Paula Hawkins, Sonatine, 21 €, 378 pages.

Anne- Valérie

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