Critique : La La Land, de Damien Chazelle

© SND/ La La Land

Il y a des films qui sont des évidences. Et il suffit d’une scène à La La Land pour s’annoncer comme une grande oeuvre fiévreuse et enchantée. Sur une autoroute embouteillée de Los Angeles par une chaude journée hivernale, des gens se mettent à danser et à chanter dans des tenues colorées. La séquence semble tout droit sorti d’un film de Jacques Demi. C’est virtuose tout en sentant la sueur et la bonne humeur. Mais c’est surtout une merveilleuse façon d’introduire cette comédie musicale qui fait le lien entre le passé et le présent. 

Le sens du rythme. Avec Whiplash, film hypnotique et électrisant, Damien Chazelle du haut de ses 30 piges nous avait prouvé qu’il possédait cette exaltation dramatique qui rend le cinéma aussi puissant qu’universel. Mais surtout sa caméra précise et opératique nous donnait déjà les gages que le cinéaste n’aurait aucun mal à diriger une comédie musicale. L’univers du long métrage est parfaitement maitrisé, de la partition musicale au numéros musicaux classiques ou aériens, rien ne semble lui avoir échappé. Mais surtout Chazelle ose la créativité au détour d’un plan ou d’une séquence en apparence simple. Une démonstration qui embrase les coeurs car l’émotion d’abord discrète finit par exploser comme le bouquet final d’un feu d’artifice.

Passé/ Présent. Avec La La Land, il réussit à faire la synthèse la synthèse parfaite entre entre l’héritage du passé et l’ère moderne. D’un coté, le film est volontairement rétro et hors du temps. On ne compte pas les hommages aux classiques du genre (De Chicago, en passant pas Chantons sous la Pluie, Un Américain à Paris et même Tout le monde dit I Love You). L’esthétique est délicieusement rétro, mais jamais nostalgique. Car Chazelle, parle aussi de son époque. La vision de Los Angeles, cité contemporaine dédié au cinéma ou encore ses bars musicaux en font une ville à jamais consacré à la création musicale. La dynamique entre l’homme et la femme est plus que jamais en résonance avec le XXIeme siècle. La dame n’attends pas d’être sauvé. Le gentleman n’a pas peur de ses sentiments. Et dans ce monde presque parfait, le happy end n’est même pas obligatoire…

Un duo magique. Même si le film n’avait pas été conçu pour eux au départ (Emma Watson et Miles Teller étaient pressentis), Emma Stone et Ryan Gosling se révèlent les agents parfaits pour faire vivre cette histoire d’amour cinématographique et musicale. La première a depuis toujours ce style old fashion et pétillant qui colle à l’univers du film. Ryan Gosling, appliqué comme à son habitude (Il a appris à jouer du piano pour le rôle) incarne avec grâce cet amoureux du jazz qui semble perdu dans son époque. Ils sont les héros d’une nouvelle génération. Et on est pas prêt d’arrêter de les aimer.

Marianne

Le film en bref : Damien Chazelle dynamise la comédie musicale en signant une ode autant au cinéma hollywoodien qu’à la musique jazz. Cette histoire d’amour virevoltante est un pur bonheur parfaitement maitrisé mais aussi plein de cette fantaisie rafrichissante que le cinéma moderne a parfois tendance à négliger. Emma Stone et Ryan Gosling sont deux vraies stars de l’époque moderne.

Photo : ©SND

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