Critique : la Planète des singes : l’affrontement, de Matt Reeves

Dans la grande famille des sagas cinématographiques, la Planète des singes est une institution… de poids ! Depuis les années 60, on dénombre huit films et deux séries télé. C’est à se demander comment des auteurs sont encore capables de trouver de nouvelles idées dans un univers déjà si foisonnant. Mais vous connaissez l’adage : à Hollywood rien n’est jamais fini.

En 2011, Ruppert Wyatt signe donc un retour au source sur la saga. Les Origines, prequel sympathique sans plus, revient sur les débuts de cette histoire en suivant le destin du premier singe intelligent… un certain César. L’affrontement se situe 10 ans après les événements du premier film. Le virus simiesque a décimé une grande majorité de la population mondiale. Les singes menés par César mènent une existence paisible dans la forêt. Mais bientôt quelques survivants humains vont détruire cet équilibre (quasi) parfait.

La tentation est grande de voir dans cette trame une nouvelle variation autour de la guerre entre les cowboys et les indiens. Pourtant Matt Reeves ne revisite pas le western, il explore plutôt l’ambiance fin du monde. Ou plutôt fin de civilisation. La nuance est là.

Le scénario pose les bonnes questions autour de la survie et s’interroge sur les liens entre les hommes et les animaux dans tous les sens du terme. La morale de l’histoire sera étonnamment moins manichéenne que prévu. Et c’est sans doute ce qu’on attendait le moins de cette énième épisode de la Planète des singes : être surpris. Les scénaristes ont réussi à créer du suspense alors même que le spectateur connaît à l’avance l’issue du film. Mais n’est-ce pas là tout l’intérêt d’un prequel ? Rendre le comment et le pourquoi plus intéressant que la fin…

Cette bonne surprise n’empêche pas le long métrage de Matt Reeves de souffrir de quelques lacunes, notamment sur le développement de certains personnages. Comme la femme de César qui semble être purement décorative. Et puis, franchement, quand on a la chance d’avoir Gary Oldman (Léon, Dracula, The Dark Knight) dans son casting c’est dommage de le sous-employer. Par contre, il faut remercier Matt Reeves d’avoir donné à Jason Clarke (Gatsby le magnifique, White House Dawn)  un presque premier rôle.

Mais si la Planète des singes : l’affrontement se distingue c’est également grâce à sa maîtrise technique.  Le relief a été utilisé à sa juste valeur : pour mieux rendre la sensation d’espace. Cela devient évident dans les scènes où les singes se déplacent de branche en branche. Et surtout  lors d’une séquence de bataille tournée comme dans un jeu vidéo. Quant au niveau de réalisme des singes, le film franchit encore une étape. Que vous aimiez ou n’aimiez pas la Planète des singes, vous ne pourrez pas oublier de si tôt le regard pénétrant de César/Andy Serkis.

Marianne

Photo : ©20th Century Fox

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