Critique : La Reine des neiges, de Chris Buck et Jennifer Lee

Oubliez tout ce que vous savez sur le conte d’Hans Christian Andersen. Comme toujours au pays de Mickey Mouse, on revisite les grands mythes. On les polisse, on les épure, on s’arrange pour que la fin soit heureuse. C’est vrai. Mais pas seulement. On y rajoute de la magie. De la magie visuelle pour commencer. Ce monde glacé, d’un blanc bleuté translucide, loin de nos contrées citadines, assure le dépaysement.

Le design character est également remarquable. L’ultra-réalisme un peu froid est mis de côté pour laisser place à une douceur cartoonesque que le créateur de Blanche Neige n’aurai pas reniée. Les grands yeux des héroïnes, la fourrure du renne, la bonhomie d’Olaf (le Bonhomme de neige)… la féerie se cache dans les détails.

Et puis un vrai vent de modernité souffle sur cette Reine des Neiges. Déjà l’an dernier avec les Mondes de Ralph, la firme aux grandes oreilles faisait preuve d’audace en s’attaquant au monde des jeux vidéo. Cette année, même si le décorum est plus classique, les héros n’en sont pas moins contemporains. En particulier ces héroïnes Elsa et Anna, qui sont deux jeunes femmes indépendantes. Elles sont sensibles mais ne font pas qu’attendre le prince charmant pour exister. Le studio semble même avoir pris un malin plaisir à se moquer du romantisme suranné dont les premiers films Disney sont emprunts. Eh oui, il faut un peu plus que trois heures à une jeune fille d’aujourd’hui pour se fiancer !

En même temps, la Reine des neiges renoue avec l’une des grandes traditions du studio : les chansons. Sauf que cette fois-ci, les animateurs rendent hommage à une autre institution américaine : Broadway. Dans leur mise en scène, autant que dans leur rythme ou leur intensité, ces séquences chantées apportent une véritable identité au long métrage.

Un seul regret subsiste : la trame narrative. Même si le film compte quelques retournements de situation inattendus, l’intrigue s’obstine à suivre les sentiers bien connus. La famille, l’amour, les compagnons d’aventure, les méchants… il serait de bon ton de remuer un peu plus tout ça la prochaine fois.

Marianne

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