Critique : Le Bon Gros Géant, de Steven Spielberg

La rencontre de Steven Spielberg (E.T., Intelligence artificielle) et de Roald Dahl (Charlie et la Chocolaterie, Sorcières, Mathilda). Sur le papier, ces deux-là étaient faits pour s’entendre. Pourtant, si la magie de Spielberg est toujours intacte en terme d’univers et de poésie, ce Bon Gros Géant (BGG) se révèle un film pour enfants un peu maladroit et pas toujours captivant pour les adultes. Nul doute par contre que nos chères têtes blondes profiteront du spectacle en écarquillant les yeux. Comme Sophie quand elle rencontre son géant pour la première fois. 

Le monde de Dahl. Sophie, jeune orpheline londonienne, voit son quotidien basculer quand un géant, surgi de nul part, l’emporte au pays des Géants. Heureusement pour elle, ce dernier est végétarien, contrairement à tous les autres ogres avides de chair fraîche qui vivent avec lui sur ce bout de terre improbable. On connaissait déjà la faculté de Dahl à nous projeter dans le monde doux-amer de l’enfance. Sophie s’ennuie dans son orphelinat mais en même temps elle est comme tous les gamins, effrayée à l’idée que les choses changent.

Maladresses en série. Malheureusement, malgré un début prometteur, ce BGG (BFG en V.O.) a du mal à passionner le spectateur adulte. Outre les pitreries de Dahl autour des prouts (même la reine d’Angleterre y a droit…) et des méchants géants lourdingues (même si la qualité de l’animation n’y est pour rien), le film manque cruellement d’enjeux. Certes Sophie et le BGG devront grandir et s’affranchir de leurs oppresseurs, mais c’est un peu léger pour maintenir notre intérêt.

La magie spielbergienne. Même si l’on s’ennuie devant ses péripéties farfelues (le film dure plus de deux heures), Spielberg parvient dans la maîtrise de quelques scènes à capter notre attention. Ainsi l’ouverture, pleine de mystère, est particulièrement réussie. On trouve également une très jolie séquence lyrique quand le géant explique à Sophie comment il attrape les rêves. Enfin, quand Sophie est poursuivie par le méchant géant dans l’atelier du BGG, Spielberg tourne la scène en caméra subjective, cela rend la tension encore plus palpable. Mais ces petites idées créatives et croquignolettes ne suffisent hélas pas à nous faire retomber en enfance. Pour retrouver le vrai univers de Spielberg, je vous conseille plutôt de vous jeter sur le nouvelle série de Netflix Stranger Things !

Marianne

Le film en bref : Un conte mignon mais maladroit, dans lequel Spielberg ne parvient jamais totalement à distiller sa vraie magie, malgré quelques très jolies idées. Le BGG reste évidemment hautement conseillé aux enfants.

Photo : © Constantin Film Verleih GmbH

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