Critique : Le Dernier Pub avant la fin du monde, d’Edgar Wright

Mesdames et Messieurs, roulements de tambour… Edgar Wright présente le dernier chapitre de sa Cornetto Trilogie. Le principe est simple, revisiter les films de genre avec humour tout en tissant une vraie histoire qui tienne la route. Shaun of the Dead  était un hommage au film de zombies, Hot Fuzz faisait référence aux buddies movies policiers et Le Dernier Pub avant la fin du monde est bien sûr un clin d’œil aux films de fin du monde.

Dans cet ultime épisode, ses deux acteurs fétiches (Simon Pegg et Nick Frost) se retrouvent dans le bled où ils ont grandi avec leurs potes d’enfance pour tenter de finir le défi qu’ils s’étaient lancé vingt-deux ans plus tôt : boire une pinte de bière dans chacun des douze pubs que compte la ville. Du grand art !

Attention spoiler Seulement cela ne va pas se passer exactement comme prévu puisqu’ils vont découvrir que la Newton Haven a été colonisée par des extra-terrestres robots.

Le Dernier Pub avant la fin du monde utilise donc la technique surprenante (pour peu que l’on n’ait pas vu la bande-annonce) du changement de registre. Après trente minutes de comédie potache à l’anglaise, le film baigne soudain dans le fantastique pas sérieux. Impossible d’ailleurs de ne pas penser à Une Nuit en enfer de Robert Rodriguez qui transformait un thriller brutal et angoissant en film de vampires de série B. Seulement, si Edward Wright gère cette transition finement, avec une scène dans les toilettes totalement délirante, il a plus de mal à redéfinir les codes du film de fin du monde. C’est comme si le cinéaste n’osait pas explorer pleinement le genre, que se soit dans sa mise en scène (on aurait aimé plus de références) ou dans son scénario. Les rebondissements sont convenus, l’intrigue trop linéaire et les gags pas assez inventifs. Seul le prologue, naviguant entre l’ambiance western et la désolation post-apocalyptique crée la surprise.

D’un autre côté, Wright exploite pas mal son idée de pub comme décor qui se répète, en variant par petites touches certains éléments. Cela renforce l’impression d’une ville figée dans quelque chose de surnaturel. En inversant la dynamique habituelle de son duo fétiche (cette fois-ci c’est Simon Pegg qui incarne le crétin quand Nick Frost joue le mec rangé), il donne à son film un nouveau souffle. Le reste des membres du casting, de Martin « Bilbo » Freeman à Paddy Cosidine (Submarine) et Rosamund Pike (Jack Reacher), semblent s’amuser comme des petits fous. Et leur bonne humeur est communicative. Bref, un bon moment en perspective mais sans grande originalité.

Marianne

P.S : Le Dernier Pub avant la fin du monde pose le problème du marketing. Sa bande-annonce chronologique en révèle trop sur l’intrigue et nous montre même les gags les plus drôles. Dommage que les studios ne sachent plus aujourd’hui mieux ménager le suspense !

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