Critique : Le Grand Bain, de Gilles Lellouche

Il se passe quelque chose dans le cinéma français. Un vent de nouveauté. Une envie de liberté. Le Grand Bain, qui marque le troisième passage derrière la caméra de Gilles Lellouche, semble être le symbole de ce renouveau. Car ça fait longtemps qu’on l’attendait cette comédie sociale à la française qui assumerait, sans s’excuser, sa french personnalité. Et c’est franchement réjouissant.

Crise(s). Avec cette histoire de quadras largués qui montent un groupe de natation synchronisée masculine, Lellouche tient forcément un sujet en or. Mais il serait trop simple de réduire simplement Le Grand Bain a un Full Monty à la française. Parce que Lellouche parle moins de crise économique que de crise existentielle. Peut-être même de crise de virilité. Et de comment se réinventer. Ce n’est pas par le travail que ces hommes-là vont récupérer leur dignité, mais à travers un défi qu’ils se sont lancés à eux-mêmes.

Envie de cinéma. Gilles Lellouche a opté pour un style naturaliste dans les décors et les personnages. Cette posture socio-réaliste s’affirme particulièrement dans sa manière de filmer son casting de stars avec une ambition  antiglamour totalement revendiquée. Et c’est assez rare dans le cinéma français, surtout avec des comédiens de ce calibre (Canet, Poelvoorde, Amalric, Efira…) Pourtant sa caméra reste tout de même audacieuse par moment, comme dans certains plans qui savent prendre de la hauteur. Il s’autorise également une scène introductive poétique et lyrique totalement jouissive.

Aventure. L’écriture de ces personnages hors normes fait partie des grandes réussites de cette comédie. Pathétiques mais totalement modernes dans leurs frustrations et regrets, ces antihéros se retrouvent plongés dans une aventure extraordinaire. Gilles Lellouche s’amuse avec cette exaltation et compose un feel good movie épique dont l’apothéose finale devrait vous rester longtemps en mémoire.

Marianne

Le film en bref : Enfin une vraie comédie sociale made in France qui n’a pas peur d’être bienveillante et réjouissante. Le casting quatre étoiles participe beaucoup au plaisir que l’on prend devant cette épopée qui ose aborder la question de la dépression masculine. Drôle et émouvant à la fois.

Photo : © Studio Canal

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *