Critique : Le Hobbit – La Désolation de Smaug, de Peter Jackson

Après un premier épisode où l’on retrouvait avec bonheur l’univers de la Terre du Milieu, mais qui était un peu trop enfantin avec morve de troll et scènes dignes du parc Astérix, le deuxième épisode ne risquait pas trop de décevoir, ni d’enchanter vraiment non plus. Et voilà, les fêtes sont là et avec leur retour la super-production de Peter Jackson s’affiche sur tous les murs. Et elle est…

… loin, très loin même, de n’être qu’un produit marketing survendu. Sachez-le, ce film fantastique dans tous les sens du terme a une âme bien à lui. Sombre mais avec des passages drôles, très bien jouée, cette révolte de quelques-uns contre la tyrannie des forces du mal passionne. D’autant que l’épatante 3D transforme presque cette Désolation de Smaug en véritable expérience. On suffoque dans les eaux glacées et on grille sous le souffle du dragon.

Le Hobbit Bilbon (Martin Freeman) est impeccablement interprété avec un jeu presque théâtral à la fois comique, émouvant et brave. Kili (Aidan Turner, Being Human UK) se détache du lot des nains en tombant amoureux de Tauriel (Evangeline Lilly, Lost). Thorin Oakshield (Richard Armitage) est en proie à ses démons. Et justement en matière de démons, mais aussi d’araignées et autres dragons, les créatures sont impressionnantes de véracité. Le dragon Smaug, qui a été conçu à partir d’un dessin de Tolkien et qui est « interprété » par Benedict Cumberbatch (le vilain de Star Trek Into Darkness), est extraordinaire. Les décors, en particulier la cité des elfes, la ville lacustre de Lake Town et le palais d’Erebor, ont eux été travaillés à l’aide d’effets spéciaux extrêmement élaborés, qui créent un univers à la fois magique et ultra-réaliste.

Toutes ces qualités font que l’on est positivement ébloui et que l’on pourra voir et revoir Smaug pour patienter jusqu’en décembre 2014 afin de voir la suite, même si, sachez-le, Peter Jackson a imaginé une fin qui ne ressemble pas à celles de ses autres longs métrages.

Pour ceux qui n’auraient pas vu le premier épisode et ignorent tout de la quête des nains, hobbit et autres elfes, le film s’ouvre sur une première scène maligne de rattrapage qui éclaire un épisode passé de l’histoire. Aucune excuse donc pour ne pas prendre un billet pour la Terre du Milieu en compagnie de Bilbon, Gandalf, Thorin, Legolas, Kili et tous les autres. Let’s go on an adventure !

Laurence

L’info en plus : pour ceux qui voudraient en apprendre plus au sujet des effets spéciaux utilisés, le numéro de décembre 2013 du magazine L’Ecran fantastique consacre les huit pages de sa rubrique EFX l’écran des effets spéciaux à une interview de Joe Letteri, le superviseur des effets visuels du film.

Pourquoi cet Hobbit volume 2 est indispensable pour tous les amoureux de Tolkien ? Tout simplement parce qu’après un premier épisode sympathique qui posait l’histoire, ce second épisode démarre sur les chapeaux de roue et enchaîne avec brio les pirouettes d’action. Le résultat ? Un concentré d’aventure pur jus comme seul l’Heroic Fantaisy peut en proposer. Un peu trop diront certains… Peut-être mais le spectacle est tellement réjouissant ! (A moins de détester les araignées géantes, les dragons mégalo ou les elfes guerriers… mais là, hélas, je ne peux rien faire pour vous.)

Mais pour moi, la vraie prouesse de ce Hobbit deuxième du nom est de s’inscrire pleinement dans la saga de la Terre du Milieu. Peter Jackson multiplie les références à sa première trilogie. Des petits clins d’oeil à destination des fans qui donnent du corps à cette histoire. Et ce n’est pas tout. Jackson réussit là où tant d’autres cinéastes se sont cassés les dents : les scènes rajoutées qui n’existent pas dans l’oeuvre originale de Tolkien. Elles sont crédibles et ajoutent même une dimension épique à la quête initiale. Le personnage de Tauriel (la mutine Evangeline Lilly) loin de manquer de consistance, apporte une petite touche féminine bienvenue. Mieux, si le caméo de Elijah Wood dans le premier volet ne nous apprenait rien de plus sur le personnage, la prestation du jeune Legolas (Orlando Bloom) est tout autre.

La fin, abrupte, nous abandonne en plein milieu d’une scène d’action. Un peu dur comme découpage mais nécessaire. Après tout, les sérivores sont capables de patienter un an sur un cliffhanger impossible. Pour vous consoler, rappelez-vous qu’en 1980 les spectateurs de l’Empire contre attaque avait dû attendre trois ans…

Marianne

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