Critique : Le Labyrinthe du silence, de Giulio Ricciarelli

Le pouvoir de l’histoire est immense. En revenant sur les origines du procès Auschwitz, Giulio Ricciarelli propose autant un film historique qu’une analyse subtile de la psyché allemande.

Replongeons-nous dans le contexte. Nous sommes en 1958, l’Allemagne panse encore ses plaies mais la vie semble avoir repris son cours. Un peu trop vite peut-être. Car la jeune génération allemande n’a qu’une vision parcellaire de la guerre. Pire, la majorité n’a pas réellement conscience de l’ horreur nazie.

Un jeune procureur va devoir affronter cette « amnésie » collective quand il décide de retrouver et de poursuivre les officiers en charge à Auschwitz. Un long combat commence. Il va falloir non seulement qu’il convainque les survivants de témoigner mais surtout qu’il résiste à l’hostilité que son combat engendre.

Ricciarelli a opté pour un ton sobre, comme le cadre juridique dans lequel il place son action. Il évite volontairement la surenchère émotionnelle. Le visage de la secrétaire qui découvre les atrocités perpétrées dans le camps remplace tous les discours.

Au fur et a mesure, cette enquête devient de plus en plus palpitante. Alexander Fehling incarne avec conviction ce jeune procureur tourmenté. Mais au-delà du devoir de mémoire et de l’hommage indispensable qui doit être rendu à ces personnes qui ont osé braver un interdit au nom de la justice, le cinéaste parle également de responsabilité collective. Et de culpabilité.

Une culpabilité qui se transmet de génération en génération. Oui, parmi les officiers allemands il y avait des monstres… des personnes qui parce qu’elles ont eu du pouvoir un bref instant en ont  profité pour commettre l’irréparable. Mais, il y avait aussi des personnes lambdas qui ont assisté à la tyrannie de leur pays en espérant sauver leur vie. Posez-vous la question, semble nous dire le cinéaste, qu’auriez vous fait à leur place ? Il n’y a qu’une chose de certaine, les monstres n’ont aucun regrets…

Marianne

©-Sophie-Dulac-Distribution

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *