Critique : Le Monde de Dory, de Andrew Stanton et Angus Maclane

Jim Morisson, le patron de Pixar, vient de le promettre : après Les Indestructibles 2 attendus pour 2019, le studio ne produira plus que des films originaux. Voilà une nouvelle courageuse dans un monde où le mot « franchise » semble être la seule motivation pour les financiers. En attendant, le studio à la lampe nous propose pour cet été 2016, la suite de l’un de ses plus gros succès : Le Monde de Némo. Un plongeon rafraîchissant, mais clairement pas la réalisation la plus ambitieuse de Pixar. 

Bis repetita. Dans Le Monde de Nemo, on assistait à la course effrénée d’un père (Marin) pour retrouver son fils (Némo) enlevé pour devenir l’animal de compagnie d’enfants humains plus ou moins gentils. Le scénario de sa suite Finding Dory (en V.O.) reprend la même trame narrative. Cette fois-ci, c’est au tour de Dory, poisson chirurgien ayant des troubles de la mémoire immédiate, de partir à la recherche de ses parents. Accompagnée des deux célèbres poissons clowns, Dory va vivre une aventure rythmée, qui la conduira jusqu’au centre de protection marine où elle a vu le jour.

Sous l’océan. Chemin faisant, le poisson bleu et jaune loufoque fera la connaissance de toute une série de nouveaux compagnons dont un poulpe irascible et une baleine myope. Si ce bestiaire est agréable et que les péripéties de Dory sont rythmées, l’ensemble manque tout de même d’originalité. Question graphisme, Pixar ne déçoit pas en composant à nouveau un univers marin bluffant toujours plus étoffé et réaliste. Les personnages, volontairement cartoonesques, possèdent toujours ce fort capital de sympathie que Pixar est capable de créer depuis ses premiers films. Toutefois, le spectateur aguerri regrettera que le studio ne se lance pas dans des créations picturales plus audacieuses.

Symbole de notre monde. Les thématiques du Monde de Dory nous mènent dans des eaux familières : le dépassement de soi, la famille, la recherche d’identité… Mais par petites touches, les scénaristes ont également réussi à glisser quelques réflexions critiques sur le monde d’aujourd’hui, comme notre obsession pour le « cuteness » (comprendre les animaux trop mignons) ou encore les effets pervers des aquariums (vous ne laisserez plus vos enfants jouer avec les étoiles de mer). Ces petites scènes assez drôles possèdent cette double lecture qu’on aime tellement chez Pixar. On aurait juste préfèré qu’elles soient plus nombreuses.

Marianne

Le film en bref : Une jolie épopée, un peu trop calée sur le film original qui a du mal a trouver son ton. Pourtant cette suite se démarque par sa réussite visuelle et ses quelques réflexions écologiques sur notre monde.

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