Critique : Le Monde fantastique d’Oz, de Sam Raimi

Après s’être amusé avec une première partie dans un cirque filmé en noir et blanc très réussie, le spectateur est entraîné en même temps que le prestidigitateur Oscar « Oz » Diggs (James Franco) dans une tornade d’effets spéciaux épatante. L’univers d’Oz est visuellement superbe, l’utilisation de la 3D est maligne, Finnley le singe volant est trop attendrissant.

Tout se gâte (un peu) dès l’apparition d’Evanora (Rachel Weisz). L’aventure retrouve son rythme au cours du voyage le long de la route de briques jaunes pendant lequel les deux compères sauvent China Girl, la petite poupée de porcelaine, des griffes d’affreux babouins volants et pendant la traversée de la forêt maudite. Ce bel élan retombe lors de l’entrée en scène de la nouvelle sorcière, Glinda (Michelle Williams), et ne se retrouvera plus. Car à part deux belles astuces qui permettent aux gentils compagnons de gagner la guerre contre les méchantes sorcières, les scénaristes Mitchell Kapner et David Lindsay-Abaire ne sont pas vraiment montrés inventifs. Pourtant le monde de l’illusion et de la magie offrait des possibilités à l’infini…

Une mention spéciale doit être attribuée à Michelle Williams qui réussit l’exploit de ne pas être ridicule avec sa couronne de pacotille. Car bizarrement, si les costumes et les accessoires sont plutôt réussis, presque tous les bijoux dénotent.

Une dernière chose : le générique, sorte de théâtre de papier animé visuellement éblouissant, est tout à fait remarquable. Après celui d’Hansel et Gretel, Witch Hunters, c’est en peu de temps le deuxième générique vraiment original que l’on voit. Souhaitons que tous les réalisateurs se prennent au jeu !

Laurence

Fallait-il vraiment passer le chef-d’œuvre de Victor Fleming, le Magicien d’Oz, à la moulinette du prequel ? La réponse est malheureusement peut-être pas.

Non pas que cette version portée par le père d’Evil Dead et Spiderman n’ait pas d’intérêt. Elle offre un univers imaginaire époustouflant, peuplée de mille créatures, toutes plus belles les unes que les autres. Le petit singe ailé avec son costume de groom et la poupée de porcelaine remportent, sans problème, la palme des sidekicks les plus mignons. On appréciera aussi le jeu de James Franco, volontairement « pantomime », rappelant en forme de clin d’œil un style démodé qui constituait l’âme de ces films d’époque.

Mais au-delà de ces réussites plastiques, le long métrage de Sam Raimi reprend la structure narrative de l’épisode original. De l’introduction en noir et blanc (assez réussie d’ailleurs) à la tornade en passant par la route en brique jaune, la sorcière verte ou encore la rencontre de petits compagnons : tout y est. Difficile donc de supporter la comparaison. D’autant que le charme désuet et kitch de l’œuvre de Fleming s’inscrit difficilement dans le paysage cinématographique du XXIe siècle. Dans une scène, les citoyens d’Oz commencent à entonner joyeusement une chanson… avant d’être intempestivement interrompu par le magicien lui-même. Cette courte séquence illustre parfaitement ce décalage générationnel.

Rien de bien neuf donc au pays d’Oz. Et c’est dommage. Toutefois, au milieu de ce long métrage enfantin, surgit une bonne idée. Celle de l’illusion. Rendre réel ce qui ne l’est pas. Le cinéma, lui-même est par essence un art chimérique. Avec le personnage du magicien, la science prend tout à coup le pas sur la sorcellerie. Le monde de l’enfance s’ouvre vers quelque chose de plus mature. Cette jolie mise en abyme finale nous fait d’autant plus regretter le manque de substance du scénario.

Marianne

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