Critique : Le Vent se lève, de Hayao Miyazaki

Hayao Miyazaki est un virtuose de l’animation. Depuis plus de 45 ans, il règne en maître sur la discipline. Chacun de ses films est un voyage poétique vers un ailleurs. Un autre monde souvent peuplé de créatures, merveilleuses et/ou terrifiantes. Alors, quand ce gourou a annoncé que le Vent se lève serait son dernier film, il était  difficile de ne pas se laisser envahir par la mélancolie.

Mais c’était mal connaître Miyazaki que d’imaginer que ce dernier film serait un simple film testament. C’est au contraire un vrai bouquet final. Tout d’abord, pour la première fois, Miyasaki s’attaque à la réalité. Enfin une forme de réalité. Le personnage principal du Vent se lève est un subtil mélange entre l’ingénieur en aéronautique Jiro Horikoshi et le romancier Tatsui Hori, tous deux nés au début du XXe siècle.

Les avions, ce n’est pas un hasard pour Miyazaki. C’est sa passion. Imaginer celle de Jiro n’était donc pas si difficile. Le Vent se lève prend une résonance particulière, puisqu’il n’est pas un biopic comme les autres. Fidèle à son univers onirique, Miyazaki a misé plus sur le rêve que sur l’histoire. Le film est peuplé de songes magnifiques dans lequel Jiro exprime toutes ses émotions. Le concepteur d’avions Giovanni Caproni, idole de Jiro, sert de fil directeur à son film. Avec sa moustache et son costume parfait, il apparaît comme un Monsieur Loyal malicieux. C’est dans ses séquences aériennes et magiques que se situe le coeur du long métrage.

Le cinéaste est un peu moins à l’aise dans le biopic pur et dur. Ce n’est pas la formation de Jiro ou sa vie quotidienne qui intéresse le cinéaste mais plutôt les petits imprévus de la vie. Et les émotions qui vont avec. L’histoire d’amour, intense mais cruelle, est narrée par petites touches colorées comme dans une peinture. La tristesse est omniprésente, mais Miyazaki l’élude, regarde ailleurs. Son personnage va tout de même être trahi par ses propres créations puisqu’il va mettre au point l’une des pires machines de guerre. Mais à aucun moment les conséquences de ses actes ne nous seront révélées. Peu importe. Car rien ne vaut la vie. Et rien ne vaut les rêves. Surtout quand le vent se lève.

Marianne

 

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