Critique : Les 4 Fantastiques, de Josh Trank

Les 4 Fantastiques est un cas d’école. Ce reboot annoncé comme une  mouture haut de gamme des aventures des quatre super-héros avait  une ambition évidente : nous faire oublier les deux films « chamallow » avec Jessica Alba. Fini l’esthétique cartoonesque, place au néoréalisme façon Christopher Nolan. Mais un décorum plus sombre ne suffit pas pour réussir un long métrage. Car à trop vouloir faire plaisir au plus grand nombre, Sony s’est englué dans un film sans vraie personnalité. Too bad

Pourtant Josh Trank est loin d’être un manche. Même si son Chronicle surfait un peu trop sur la vague film de potache (Jackass, Projet X…), il avait réussi à montrer qu’on pouvait manier la caméra avec talent même avec les contraintes inhérentes au genre found footage. Mais pour sa première expérience de studio, le jeune cinéaste a certainement eu du mal à s’imposer. Il a plié devant le diktat de cette masse informe que l’on nomme communément : le fan service.

A trop vouloir faire plaisir à tout le monde, on ne fait plaisir à personne. Les 4 Fantastiques a subit des coupes drastiques.  Il n’y a qu’à regarder attentivement la bande-annonce pour s’en convaincre. Bizarrement de nombreux plans ont disparu. Une fois de plus, les producteurs ont privilégié l’action au développement des personnages, privant les spectateurs de véritables enjeux dramatiques.

Pourtant sur le papier, le projet porté par Trank apparaissait comme prometteur. Le casting ne compte que de jeunes acteurs talentueux (Miles Teller magistral dans Whiplash , Kate Mara vu dans House of Cards, Jamie Bell aperçu dans Nymphomaniac de Lars von Trier). Trank a même osé affronter l’ire des fans puristes (toujours eux…) en optant pour l’excellent acteur noir américain Michael B. Jordan pour jouer la torche. Mais il semble que la vision lisse des studios l’ait emporté sur ses ambitions artistiques.

Car on a beau avoir les meilleurs acteurs du monde si on ne leur donne rien à jouer, ils ne peuvent pas sauver un film. Le plus bel exemple concerne le méchant du film, alias Dr Fatalis. Le pauvre Toby Kebbell ( Rock ‘n’ Rolla, La Planète des singes ) est réduit à incarner un méchant basique qui veut détruire le monde. Bienvenue au club !

Le cinéaste réussit tout de même une très bonne première partie. Les scènes d’introduction s’inscrivent dans un esprit eighties revendiqué rappelant les productions Amblin de l’époque (Voyagers, Les Goonies…). Le film tente bien d’ explorer quelques jolies idées autour de l’ innovation à tout prix ou bien sur le traitement des super-héros réduits à l’état de monstres ou d’animaux de cirque. Malheureusement tout cela reste bien trop superficiel pour éveiller la conscience du spectateur. Pas sûr que ces 4 Fantastiques là puissent rejoindre un jour la troupe des X-men de Bryan Singer. Et c’est pas plus mal.

Marianne

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