Critique : Les Ames vagabondes, d’Andrew Niccol

Les vampires mélancoliques et amoureux ne sont pas la seule obsession de Stephenie Meyer. Avec Les Âmes vagabondes (The Host) l’écrivaine mormone délaisse les bellâtres immortels de Twilight pour s’intéresser aux créatures venues d’ailleurs. Mais dans l’univers très rose bonbon de l’auteure, les extra-terrestres n’ont rien de commun avec les affreuses « bébêtes » créées par H. R. Giger dans Alien. Forme de vie supérieure à la nôtre, ils voyagent à travers l’espace, sous forme d’âmes, à la recherche de planètes à coloniser et d’hôtes à investir.

Dit comme ça, la référence à L’Invasion des profanateurs de sépultures de Jack Finney (adapté un nombre innombrables de fois au cinéma) s’impose. Mais le traitement imaginé par Stephenie Meyer et mis en images par Andrew Niccols (Time Out) diffère. Dès le début, la Terre est déjà sous leur contrôle. Mélanie (Saoirse Ronan), l’une des dernières humaines libres, est capturée et implantée. Et contrairement aux autres, malgré la présence de l’âme (Vagabonde/Gaby), l’esprit de la jeune-femme va résister…

Cette schizophrénie mentale, si simple dans le langage littéraire, devient un vrai défi à l’écran. Pourtant, le spectateur n’aura pas de mal à distinguer les deux héroïnes. Saoirse Ronan (Lovely Bones) incarne avec un certain naturel ce double rôle et parvient à rendre vivante chacune des deux personnalités.

Si ce procédé sonne juste, la mise en scène et l’univers créés par Andrew Niccols ne fonctionnent pas tout à fait. A l’image de son Bienvenue à Gattaca (1997), le cinéaste développe un monde déshumanisé, lisse et propre. Malheureusement, nous n’aurons qu’un très faible aperçu de cette nouvelle terre. Elle ne prend jamais vie.  Il essaie de donner le change en filmant magnifiquement le désert, trouve des astuces avec un mur à lucioles et détourne notre attention avec un plan magique sur un champ de blé blond. Mais rien n’y fait. La faute à des dialogues qui sonnent creux par moments, des séquences répétitives (oui, on a compris, ils ne disposaient pas d’un budget faramineux mais tout de même !) ou encore le personnage de Diane Kruger, assez caricatural.

Malgré tous ces défauts, je ne nie pas qu’il y ait quelque chose de profondément touchant dans cette histoire de résistance. Il y a une dimension poétique dans cet être humain qui refuse de se soumettre, même quand tous les espoirs semblent perdus. L’évolution de Vagabonde, sa relation avec Mélanie et les autres êtres humains constituent les vrais nœuds narratifs de l’histoire. Et le triangle amoureux, caractéristique endémique semble-t-il à tout récit pour adolescents, est traité d’une façon un peu différente.

En un mot, Les Ames vagabondes séduira davantage les amateurs du roman et d’histoires d’amour que les cinéphiles et les fans de science-fiction. Vous voilà prévenus.

Marianne

On peut critiquer autant que l’on voudra Stephenie Meyer : elle a le chic pour trouver des pitchs aussi originaux qu’invraisemblables… et pour les faire tenir debout contre vents et marées !

A condition qu’il se laisse porter par l’intrigue adolescente et qu’il ne soit pas follement exigeant, ces Ames vagabondes offriront au spectateur un moment pas désagréable avec une jeune héroïne voulant à tout prix réconcilier des ennemis mortels comme c’était déjà le cas dans Twilight quand Bella s’obstinait à allier vampires et loups-garous, des situations amoureuses incongrues, heureusement (un peu) plus érotisées que dans la saga vampirique, quelques très belles images d’un labyrinthe de grottes…

Et c’est à peu près tout.

Toutefois on y retrouve avec plaisir Max Irons (le fils de l’acteur Jeremy Irons), découvert dans le Chaperon rouge de Catherine Hardwicke, et Jake Abel (Numéro Quatre).  Par considération pour le reste de sa carrière, on s’empressera d’oublier que Diane Kruger y joue la vilaine alien…

Laurence

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