Critique : Les Animaux Fantastiques, de David Yates

© Warner Bros France / Les Animaux Fantastiques

La pression a dû être énorme. Au lieu de tricoter une suite aux aventures d’Harry Potter*, J.K. Rowling, certainement vivement encouragée par Warner Bros, a décidé de continuer à développer l’univers magique qu’elle a imaginé dans une sorte de spin off/prequel situé dans les années 30 aux États-Unis. Ici pas l’ombre d’un sorcier à lunettes mais un certain Norbert Dragonneau amateur de créatures fabuleuses. Vous pouvez respirer car la magie de J.K. Rowling est intacte.

Bienvenue dans un autre monde. On a tendance à l’oublier mais ce qui faisait le sel des premiers Harry Potter résidait dans l’étonnant univers créé par l’auteur anglaise. Les Animaux Fantastiques, épisode d’exposition, pose les bases solides d’un nouveau monde. La reconstitution du New York des années 30 est somptueuse. Mais le moment de grâce réside dans l’exploration de la valise de Norbert, un moment qui vous promet presque autant d’émerveillement que la première visite de Poudlard. Durant le récit, elle égraine de ci de là une multitude de petits détails rendant cet univers à nouveau particulièrement riche. La réalisation de David Yates, manque un peu de personnalité, mais il retranscrit à la lettre la magie de Rowling.

Une narration pleine de surprises. Si l’emballage est aussi créatif que séduisant, on pouvait craindre que cette nouvelle aventure se résume à une course poursuite géante pour attraper ces magnifiques animaux fantastiques dans les rues de New York. Mais c’était mal connaître J.K. Rowling. Certes, il y a bien une scène de poursuite dans le zoo de Londres qui se révèle trop longue et un peu enfantine et le grand méchant peine à dévoiler ses intentions, mais l’intrigue ose les rebondissements et semble dessiner les fondements d’une suite plus sombre à venir dans les quatre prochains épisodes. Et le tout est fait sans se vendre, ou presque, aux fans de la doxa potteriene. En d’autres termes, les références à Harry Potter sont minimes dans ce premier volet. Enfin, Rowling n’oublie pas de glisser dans sa narration quelques métaphores magiques autour de la ségrégation, du capitalisme avide, de la foi aveugle et de la maltraitance enfantine. Preuve que l’écrivain n’ a rien perdu de sa verve politique.

Des personnages attachants. Pour nous entraîner dans cette nouvelle saga, le film se devait également de proposer des personnages charmants qu’on aurait envie de suivre et le tout sans (trop) répéter le même schéma qu’elle avait créé dans Harry Potter. Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne vu dans The Danish Girl et Une Merveilleuse Histoire du temps), introverti par nature, met un peu de temps à se révéler mais nous conquiert dès qu’on comprend son attachement pour ces animaux rares. A ses côtés se trouve la ravissante Queenie (Alison Sudol aperçue dans Dig et Transparent) et Jacob (Dan Folger) seul moldu (pardon No Maj) de l’histoire, dont l’empathie est assez immédiate. Par contre, on a plus de mal avec Tina (Katerine Waterson vu dans Steve Jobs et Inherent Vice), trop en retrait, son capital sympathie est moins immédiat. Un sentiment qu’on espère voir corriger dans la suite des Animaux Fantastiques. Mais que cette petite déception ne vous empêche pas de courir pour découvrir en salle cette nouvelle merveille signée Rowling.

Marianne

Le film en bref : Une jolie fantaisie signée par l’auteur d’Harry Potter qu met en place une extension réussi de son univers magique. Créatif, drôle, politique, rempli de nouveaux personnages attachants, ces Animaux Fantastiques est la dose de réconfort indispensable qu’il vous fallait dans ce triste mois de novembre.

* La suite d’Harry Potter existe tout de même sous la forme d’une pièce de théâtre : Harry Potter et l’enfant maudit. Un récit assez malin mais qui est loin d’être révolutionnaire. Rowling n’a d’ailleurs que chapeauté de loin l’écriture de la pièce, préférant se consacrer aux Animaux Fantastiques. Un bon choix à mon avis.

Photo : © Warner Bros France

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