Critique : Les Figures de l’ombre, de Theodore Melfi

Les Figures de l’ombre est un film taillé pour les Oscars. Au sens académique du terme. Tout dans cette histoire de trois femmes afro-américaines ayant travaillé à la Nasa dans les années 60 est fait pour faire résonner la corde sensible américaine. Mais résumer le film de Théodore Melfi a un énième pamphlet anti-raciste et patriotique serait passer à côté de ce qu’il vraiment : une ode enthousiasmante à tous les rêveurs. 

La couleur des femmes. Les Figures de l’ombre est un film académique. Du moins dans sa manière de présenter ses héroïnes et de vouloir leur rendre hommage en transcendant leur histoire. Tous les détails du long métrage ne sont peut être pas exacts, mais pourtant ces trois femmes incroyables ne sont pas des créatures de fictions. Elles ont réussi ce que les américains préfèrent le plus : elles ont dépassé les limites fixées par la ségrégation, la science et le machisme. Et c’est peut être sur ce dernier point que le long métrage fait le plus fort. Elles sont des pionnières pour les noirs américains mais également pour les femmes en général.

Une efficacité désarmante. Alors bien sûr les cyniques pourront toujours objecter que les dialogues sont trop écrits, et les situations un peu trop parfaites pour être honnête sur la réalité de cette époque. Les scènes autour de la vie personnelle de chacune de ces scientifiques ne sont pas les plus intéressantes. Peut-être mais peu importe car Melfi réussi là où tant d’auteurs qui se prennent souvent un peu trop au sérieux échoue : sur son sens du rythme et de la narration. Il fait que la conquête spatiale l’un des atouts majeurs de son long métrage et reproduit avec force le suspense et les enjeux liés à la conquête spatiale du début des années 60.

La création mathématique. Et Theodore Melfi a un dernier atout dans son sac à malice narratif : il rappelle qu’en matière d’art comme de science se sont toujours ceux qui ont le plus d’imagination qui sont performants. Être capable de voir au delà des barrières mis en place par la société et nos connaissances, c’est ce qui fait la différence entre un génie et le commun des mortels. Ces trois femmes là ont changées l’histoire, Les Figures de l’ombre leur rend un hommage teinté de classicisme mais terriblement enthousiasmant.

Marianne

Le film en bref : Un biopic malin et enthousiasmant sur le destin hors du commun de trois noire américaine travaillant à la NASA dans les années 60.

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