Critique : Les Nouveaux Héros, de Don Hall et Chris Williams

Les Nouveaux Héros (Big Hero 6 en VO) est un film hybride. Premier film d’animation issu de la collaboration entre le studio aux grandes oreille et son nouveau catalogue Marvel, il conjugue le savoir-faire des deux firmes. Enfin presque. Car dans Les Nouveaux Héros, si l’esprit de Stan Lee est bien présent (d’ailleurs le film s’adresse presque plus aux adolescents qu’aux enfants), Mickey mène tout de même la danse. Que voulez-vous, le boss reste le boss !

Disney a  jeté son dévolu sur un comics un peu obscur de la maison des idées. Le but est limpide : pouvoir s’approprier l’esprit de la BD sans trop s’attirer les foudres des fans. Et c’est vrai que les trahisons sont nombreuses au regard du matériau originel : des personnages ont disparu et le graphisme très manga s’est un peu perdu en route. Mieux, Baymax, un robot infirmier que le jeune Hiro transforme en super-héros d’un nouveau genre est un doudou parfait. Entre le bonhomme Michelin et le Bibendum Chamallow. Les enfants vont fondre (et vous aussi). Plus Disney, y a pas !

Toutefois réduire Les Nouveaux Héros a un film de super-héros marketé par Disney serait une erreur. Car l’hybridation a bien pris. A l’image de cette ville fantastique à mi-chemin entre San Francisco et Tokyo, le long métrage surfe sur une esthétique manga. Un parti pris nouveau dans une production Disney. Et l’univers parallèle dans lequel gravite notre bande d’amis n’est rien d’autre qu’une anticipation technologique de notre monde. Un monde dans lequel les progrès de la robotique auraient fait un bond incroyable.

L’intrigue est bien construite, même s’il elle ne révolutionne pas le genre. Les péripéties sont nombreuses. Et les personnages nous sont immédiatement sympathiques. Mais Les Nouveaux Héros souffrent d’un mal typique de ce genre de production : son allure effrénée. ça saute, ça bouge, ça crie dans tous les sens, sans arrêt et tout le temps. Bref, on frôle l’hystérie comme dans La Grande Aventure Lego. Cette rythmique épileptique finit par éreinter le spectateur. Et elle ne rend pas service au long métrage dont la richesse visuelle est phénoménale. En fait, on aimerait pouvoir appuyer de temps en temps sur pause pour admirer le décor et les multiples références.

Un petit conseil, chers amis de Disney. Il ne faut pas confondre la lenteur et l’ennui. La première peut être sublime, il faut juste la gérer avec finesse.

Marianne

Photo : © The Walt Disney Company France

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