Critique : Les Poings contre les murs, de David Mackenzie

Midnight Express, l’Evadé d’Alcatraz, Un Prophète… le film de prison est un genre en soi. Un des meilleurs. Parce que filmer dans un univers fait de cellules étroites, de longs couloirs et de fenêtres recouvertes de barreaux a déjà tout d’un défi. Les Poings contre les murs (Starred Up) de David Mackenzie s’inscrit dans cette grande tradition. Sauf qu’ici l’appel de la liberté n’est pas le moteur principal.

David Mackenzie préfère parler de réinsertion. Pas au sens politique du terme. La prison anglaise est-elle capable de sauver ses brebis égarées ? En une réplique cinglante, le génial Jack O’Connell (le Cook de Skins) envoie vaciller toute tentative d’angélisme social. Au cas où vous auriez encore quelques illusions… Le cinéaste s’intéresse plutôt à la dimension humaine. Il dresse le portrait d’Eric Love (vous apprécierez l’ironie), un jeune homme dont la violence semble être le seul mode d’expression. En prison, il va se retrouver face à son paternel, figure absente qui va tenter de maintenir cette boule de rage dans le droit chemin. Inutile de dire que le chemin sera plus chaotique que droit.

Avec sa mise en scène percutante, fait de cadres serrés et de plans fixes la plupart du temps, Mackenzie crée une ambiance unique, toujours sur le fil du rasoir. Jack O’Connell aussi terrifiant que désarmant semble être né pour le rôle. Rupert Friend (Homeland) et Ben Mendelsohn (The Place Beyond the Pines et bientôt dans Lost River) assurent dans les rôles des anges gardiens ratés.

Au-delà de la violence des images, de la noirceur des âmes, l’espoir va naître. Les Poings contre les murs se vit comme une sorte de Prophète à l’envers. Non tout n’est pas écrit d’avance. Quelque fois, il suffit de pas grand chose pour que tout change. Quelque fois la roue, même cabossée, tourne.

Marianne

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