Critique : Les recettes du bonheur, de Lasse Hallström

Lasse Hallström et les mélos, c’est une grande histoire… d’amour !  Avec Chocolat, Cher John, Hatchi ou Des saumons dans le désert, le cinéaste suédois semble s’être fait une spécialité de ces histoires faites autant de joies que de peines. Adapté du bestseller de Richard C. Morais, Les recettes du bonheur (The Hundred Foot Journey) s’inscrit pleinement dans cette tendance. Mais plus qu’un mélo pur sucre, ce long métrage est plutôt un feel good movie agréable mais un peu bancal.

Difficile de ne pas se laisser séduire par cette famille d’immigrés qui vient ouvrir un restaurant traditionnel indien au coeur d’un petit village du sud de la France. La cuisine et la bonne humeur comme facteur d’intégration… pas de doute Lasse Hallström puise son inspiration du côté du film social anglais. Il pimente le tout avec une histoire d’amour et de rivalité, un décor de carte postale et quelques bons petits plats. Je ne sais pas si c’est la recette du bonheur mais c’est celle qui rend les spectateurs hilares.
Malgré toutes ces bonnes intentions, le film pêche tout de même dans sa représentation assez caricaturale de notre pays. Lasse Hallström ne semble pas à l’aise pour évoquer le racisme (La Marseillaise, vraiment ?) ou même l’élitisme de la capitale. Du coup, le long métrage, qui suit certes la trame du bouquin, semble s’étirer en longueur. Le dernier quart d’heure n’était pas vraiment nécessaire, on connaissait déjà la morale de l’histoire…
Ces maladresses n’empêchent pas Les recettes du bonheur d’être un vrai film épicurien, porté par des acteurs inspirés. L’impeccable Helen Mirren (Hitchcock) et le clown Om Puri en tête. On en ressort avec une fervente envie de manger de la grande cuisine. Indienne ou française… voire les deux !
Marianne
Photo : © Metropolitan FilmExport

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