Critique : Life, d’Anton Corbijn

Ancien photographe de rock et clipeur, Anton Corbijn semble être toujours à la recherche d’icône à placer devant son objectif. Dans son premier film, Control, il avait imprimé sur pellicule la psyché tourmentée du chanteur de Joy Division. Avec Life, il tente de saisir l’aura de James Dean.

Vaste entreprise. Dans les faits, Life n’est pas à proprement parler un biopic. Le film s’intéresse à une période précise de la vie de la star de la Fureur de vivre. Un moment charnière juste avant que l’acteur devienne célèbre. Ces instants sont restés dans l’histoire grâce à l’opiniâtreté du photographe Dennis Stock. Un œil avisé qui avait su déceler avant tout le monde le potentiel du jeune comédien.

Le long métrage nous entraine donc dans les coulisses de ces clichés devenus mythiques à la mort de James Dean…  neuf mois plus tard ! Mais Corbijn ne s’interroge pas sur la célébrité. Il se focalise plutôt sur le désir d’accomplissement. Car les deux personnages principaux, à des années lumière en termes de charisme, se trouvent au même moment crucial de leur carrière. Tous les deux souhaitent prendre enfin leur envol en s’affirmant comme de vrais artistes. Magie de l’instant, ils vont tous les deux atteindre cet objectif grâce à ces photos.

Comme d’habitude, Corbijn transcende son sujet grâce à une mise en scène élégante. Le sens du cadre est précis et ingénieux. Le grain de l’image est légèrement suranné comme l’époque qu’il dépeint. Le jeu du chat et de la souris entre Dean et Stock est assez grisant. Mais tout cela reste un peu trop sage, trop cadré, trop figé pour emporter complètement le spectateur. Un comble pour un photographe !

Corbijn a par contre fait le bon choix pour son casting. Robert Pattinson (The Rover) idole du XXIe siècle, est ici relégué dans le rôle de l’introverti et du maladroit. Quand Dane DeHaan (The Amazing Spiderman 2, Chronicle…), souvent utilisé comme un freak, endosse celui de la star mystérieuse. Un inversement des rôles qui fonctionne particulièrement bien d’autant que les personnages développent justement une relation en miroir. Un classique en photographie comme au cinéma.

La boucle est bouclée. Bravo, Monsieur Corbijn.

Marianne

Photo : © ARP Sélection

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