Critique : L’Ile aux chiens, de Wes Anderson

Attention œuvre créative. Des plans symétriques. Des chiens qui parlent. Des couleurs vives. Et des humains déjantés. Pas de doute, L’île aux chiens est bien un film de Wes Anderson. Il signe cette fois ci une satire animée qui a du mordant. Un peu moins mélancolique que d’habitude mais empreint d’une vraie délicatesse.

Dystopie canine. Imaginez. La ville de Megazaki au Japon est victime d’une étrange grippe canine. Le Maire, poussé par un lobbie œuvrant dans l’ombre, décide la mise en quarantaine de tous les chiens sur une île isolée voisine et recouverte de déchets. Mais quand le jeune Atari décide de se rendre sur l’île pour retrouver son fidèle compagnon, il fait souffler une lueur d’espoir pour nos amis à quatre pattes. Ce pitch qui trottait dans la tête de Wes Anderson depuis plusieurs années devient un film d’animation, image par image, tout en subtilité et en émotion.

Japon. Même si le style de la stop motion ne ressemble en rien au manga, le cinéaste rend avant tout un hommage à l’archipel japonais et à sa culture. Les influences du cinéaste sont multiples, mais le résultat totalement Andersonien (Ah, cette obsession de la symétrie !), puise autant chez Kurosawa que Myazaki. Le ton plein d’emphase des japonnais semble d’ailleurs avoir contaminé le cinéma d’Anderson, moins nostalgique que dans ces autres long métrages.

Métaphore. Cette fable à base de chiens bannis sur une île poubelle brasse une multitude de thèmes. Wes Anderson renvoi autant aux migrants qu’on tente d’enfermer derrière des murs qu’aux animaux qu’on exploite et qu’on traite comme des déchets. Le film est également, de manière plus prosaïque, un conte sur l’amitié et le dépassement de soi. Mais le tout est saupoudrée de théorie du complot, de corruption et de sentimentalisme absurde qui le rendent absolument désarmant. Et comme le scénario se permet même quelques petites surprises, on est heureux de se rappeler l’importance de nos petits compagnons à quatre pattes !

Marianne

Le film en bref : Nos boules de poils ont du talent ! C’est du moins ce que pense Wes Anderson avec un film d’animation décalé et émouvant dont le cinéaste a le secret.  Autant politique que sentimental, cette fable est à consommer sans modération.

Photo : ©Twentieth Century Fox

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