Critique : Lion, de Garth Davis

L’Inde. Un petit garçon orphelin. Dev Patel. Ces trois éléments riment pour tous les cinéphiles avec Slumdog Millionaire, conte exubérant à la sauce bollywoodienne signé Danny Boyle (Trance, Steve Jobs). En apparences, Lion de Garth Davis reprend les mêmes ingrédients. Mais cette histoire vraie d’un petit garçon indien perdu qui finit par retrouver sa famille 25 ans plus tard n’a au final que peu de rapport avec le feel good movie de Danny Boyle. 

Au bout du conte. La première partie de Lion pourrait être conte raconté un soir d’hiver à une ribambelle d’enfants assis près du feu. On suit les aventures de Saroo, petit indien de cinq ans qui tente d’aider sa famille à subsister. Un soir, il embarque par erreur dans un train qui l’emmène à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu dans Calcutta, et après avoir affronté mille épreuves, le petit garçon trouvera son salut lorsqu’il est adopté par une famille australienne.

Retour à la réalité. Durant la première partie, l’histoire vraie est vécue comme une fiction avec ses codes plein de suspenses et de non-dits. D’ailleurs on sent bien que les parties les plus sombres sont passées sous silence pour préserver les plus jeunes. Garth Davis a plus de mal avec la seconde partie de son film qui se concentre sur un Saroo devenu adulte et bien décidé à  retrouver sa famille. Du conte, le film bascule alors dans le témoignage contemplatif et un peu larmoyant. Dev Patel, Rooney Mara et Nicole Kidman restent convaincants et émouvants mais on connaît déjà par coeur cette histoire de résilience triomphante.

Modernité. Par contre, il reste assez amusant de voir que ce sont les moyens modernes de communication, en particulier Google Earth, qui ont permis à Saroo de retrouver enfin sa famille. L’argument universaliste d’Internet n’a jamais été aussi vrai. Mais point de cynisme, malgré ces détours scénaristiques un peu faciles, il y a de grande chance que le happy-end de Lion vous brise le cœur. Et c’est aussi pour ça qu’on va au cinéma, non ?

Marianne

Le film en bref : Lion commence comme un conte assez sombre sur l’Inde contemporaine pour finir comme une histoire vraie ultraclassique dont on connaît un peu trop parfaitement la mécanique huilée. Malgré le manque d’ambition, Lion reste une histoire émouvante qui a de grandes chances de vous faire couler quelques larmes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *