Critique Livre : Divergent, de Veronica Roth

Dans la famille roman jeunesse avec univers dystopique, je demande Divergent de Veronica Roth. Depuis le succès de la saga Hunger Games de Suzanne Collins qui sacrifiait des adolescents en les enfermant dans un jeu de télé réalité mortel, les éditeurs (et les studios hollywoodiens par la même occasion) s’arrachent ces romans apocalyptiques.

Divergent est d’ailleurs bâti sur une vision sociétale parcellaire assez comparable à celle développée par Suzanne Collins. Veronica Roth a imaginé un monde dans lequel les Etats-Unis sont divisés en cinq factions. Chacune porte en étendard une valeur fondamentale, censée représenter ce que l’humanité est capable de faire le mieux. Les Audacieux prônent le courage. Les Sincères sont incapables de mentir. Les Erudits pensent que le savoir est le fondement de toute chose. Les Fraternels ne jurent que par l’amitié et l’entraide. L’héroïne Béatrice a grandi elle chez les Altruistes, une faction dans laquelle la dévotion est inconditionnelle. A l’âge de 16 ans, tous les jeunes doivent choisir, de manière officielle, la faction à laquelle ils souhaitent appartenir. Une décision cruciale puisqu’elle déterminera le reste de leur existence. Au moment où le bouquin commence, Béatrice s’apprête à faire ce choix…

En apparence moins répressif que la dictature militaire d’Hunger Games, ce système politique n’en est pas moins totalitaire. Les individus doivent se soumettre à l’intérêt général (ici celui de leur faction), sans se poser de questions. Les commandements du groupe érigés en doctrine contrôlent tous les aspects de leur vie (tenue vestimentaire, métier, pratiques sociales, nourriture…). Comme le laisse deviner le titre, Béatrice/Tris sera le grain de sable qui va faire voler en éclats ce pseudo-équilibre.

Roman largement initiatique, Divergent s’attache à décrire l’apprentissage chaotique de la jeune fille  pour devenir une membre à part entière de sa faction. Pleine de suspense et de périls, cette initiation connaît son lot d’épreuves et de drames. Tout le monde n’en sortira pas indemne et Veronica Roth n’hésite pas mettre son héroïne dans des situations terribles, voire humiliantes. Son sens du découpage est moins intense que celui de Suzanne Collins dans Hunger Games, mais l’auteur impose tout de même un vrai rythme et fait une description travaillée de son univers. On regrette d’ailleurs de n’avoir qu’un faible aperçu des autres factions, tant les détails qu’elle présente pour les deux factions principales sont riches et cohérents.

Evidemment, une belle histoire d’amour vient encore compliquer la destinée révolutionnaire de Tris. Rassurez-vous, elle est traitée de manière intelligente, sans mièvrerie. Et surtout, l’auteur nous épargne (du moins dans le premier tome) l’éternel triangle amoureux !

En toile de fond, la satire politique se met petit à petit en place. On aurait souhaité qu’elle intervienne un peu plus tôt dans l’histoire, cela aurait permis de déstabiliser la narration un tantinet trop classique de ce livre. La fin laisse toutefois entrevoir un tout nouveau style pour le second tome intitulé Les Insurgés. Peut être que Veronica Roth réussira là où Catherine Collins a échoué, c’est-à-dire écrire une suite encore plus palpitante que la première.

Le troisième tome  Allegiant, sortira aux Etats-Unis le 22 octobre 2013. Une adaptation cinématographique est en cours.

Marianne

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