Critique Livre : Robocalypse, de Daniel H. Wilson

L’Intelligence Artificielle. Sans aucun doute, l’un des sujets de fantasmes les plus récurrents des auteurs de science-fiction. Autant rêvés que craints, ces artefacts intelligents peuplent depuis des décennies l’imaginaire collectif. De Isaac Asimov (inventeur des trois lois de la robotique) à Philip K. Dick (Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?), en passant par Fritz Lang (le robot géant de Métropolis) ou par la récente série suédoise Real Humans, ils nous renvoient à notre propre condition d’êtres humains.

Pour son roman Robocalypse, Daniel H. Wilson, scientifique spécialiste du sujet, a volontairement choisi de nous faire peur. Il faut dire que les utopies des années 70 ont disparu depuis longtemps. Elles ont fait place à une société plus pessimiste, prompte à mettre en scène sa propre fin dans une forme de robot « über-intelligente ». Archos est créée par un scientifique trop sûr de sa propre suprématie. Quand on joue les Dieux, il faut s’attendre à voir sa propre création vous échapper un jour ou l’autre. Et pour Archos, l’équation est simple : l’humanité n’a tout simplement pas sa place sur Terre. (C’est normal : on vous l’a dit, il est surdoué). Il va alors lever une armée redoutable et mettre son plan à exécution.  

A partir de ce point de départ classique, Daniel H. Wilson nous propose une narration moderne. Le livre est en fait une « fausse » compilation de souvenirs de survivants rassemblés par un soldat à la fin de la guerre. Car oui, dès le départ, on sait que l’humanité sortira vainqueure de ce conflit mais l’on ignore encore le prix qu’elle devra payer pour cela. Ce style très actuel se rapproche du  principe de World War Z de Maw Brooks (dont l’adaptation ciné avec Brad Pitt sortira chez nous le 3 juillet). On passe d’un témoignage à l’autre. Un peu simpliste au départ, ce procédé prend son sens au fur et à mesure. Chaque scène faisant monter la pression et le suspense.

Mais la bonne idée de Wilson, c’est de faire revenir la majorité des protagonistes à plusieurs reprises. Au fil des pages, de simples témoins ils deviennent acteurs. Chacun a un rôle important à jouer dans cette guerre. Certains se croiseront d’autres non, mais leurs actes auront des conséquences pour les autres.

Le style d’écriture lui-même est très visuel. Le lecteur est plongé dans l’action et le suspense se distille comme dans un film, avec des descriptions ultra-précises et des décors urbains ravagés que l’on ne connaît que trop bien.

Steven Spielberg ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisque Robocalypse devait être son prochain film. Malheureusement alors que la casting comptait déjà Anne Hathaway (The Dark Knight Rises), Ben Whishaw (Cloud Atlas) et Chris Hemsworth (The Avengers), la production a été repoussée. La raison ? Un budget jugé trop coûteux… La crise fait rage même à Hollywood. Le papa d’E.T. a promis de revoir sa copie. On a hâte de voir le résultat sur grand écran. Car sans être un roman révolutionnaire, Robocalypse se révèle assez palpitant et soulève quelques questions intéressantes. Par exemple, en réussissant à rendre terrifiants les appareils électroniques de notre quotidien (téléphones, ascenseurs et voitures…), il se moque gentiment du niveau de dépendance qui nous lie tous à ces machines…

Marianne

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