Critique : Logan, de James Mangold

Le film de super-héros est devenu un genre à lui tout seul. On a eu droit aux origine story, aux sharing universes, au reboot et autres spin off. Avec Logan, James Mangold (qui avait déjà signé le précédent Le combat de l’immortel) vient d’inventer « le requiem story ». Où comment permettre à un personnage aimé de tous, le mythique Wolverine, de raccrocher les lames avec classe et panache. Et pas mal de têtes coupées…

Futur proche. Pour imaginer la fin des aventures du héros aux griffes en adamantium, Mangold nous plonge dans un monde futuriste pas très éloigné de celui que nous connaissons. Les mutants ont pratiquement tous disparus, le monde s’est ubérisé (Wolverine conduit une limousine pour gagner sa croûte) et les manipulations génétiques se sont développées. Ainsi Logan se range plutôt dans les catégories des films d’anticipation comme Rayon vert ou New York 1997, soit un univers différent des autres films de la franchise X-Mens.

Transmission. En prenant le partis pris de nous offrir un héros vieillisant (un comble pour un personnage comme Logan qui est sensé de ne pas subir le poids des années ou presque), Mangold en profite pour poser des questions inédites dans un genre essentiellement saturé par des thématiques autour de l’héroisme, la responsabilité, la lutte entre le bien et le mal… Logan prend son temps pour s’interroger sur le deuil, la transmission et la famille avec le personnage de la petite Laura (Defne Keen)

Violence excessive. Logan restant un film de studio il ne pouvait pas être simplement contemplatif. Le long métrage comporte donc donc son lot d’action et de violence graphiques. Certains voient dans le recours systématique de l’ultra violence une manière de créer des films plus adultes (enfin faudra quand même qu’on m’explique en quoi Deadpool est un film mature…). Mais pour moi à part son caractère purement jouissif (Il faut voir la petite Laura découper ses victimes comme d’autres joue au playmobil) quand la brutalité est trop répétitive comme dans Logan (et Deadpool) elle finit par ne plus vraiment servir le propos. Une nuance qui n’empêche pas ce Logan de faire de jolies étincelles de cinéma et qui redonne au film de super héros ses lettres de noblesses.

Marianne

Le film en bref : En réinventant les codes du film de super héros, Mangold signe un film sur la transmission et le deuil qui mêle contemplation et scènes d’action féroces avec une vraie virtuosité. Hugh Jackman signe un adieu aux lames déchirant.

© Twentieth Century Fox France

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