Critique : Lone Ranger, de Gore Verbinski

Une bande-annonce hystérique. Un box-office et une critique catastrophiques en provenance des Etats-Unis. Et une impression désagréable, celle que Johnny Depp allait nous livrer une version indienne (et usée) de son Jack Sparrow. Non décidément, Lone Ranger n’était pas exactement le film que la rédaction de Lost in Universes attendait le plus pour cet été. Mais quelquefois, les apparences sont trompeuses…

En choisissant de donner vie à une figure mythique du Pays de l’oncle Sam, Disney et Gore Verbinski ont pris des risques. Comment mettre au goût du jour un personnage qui a vu le jour dans une série radiophonique dans les années 30 avant de devenir le héros d’une série télé dans les années 50 ? Surtout que le western, semble (hélas) ne plus intéresser grand-monde, à part peut-être les fans de Tarantino.

La réponse est toute simple : en ne se prenant jamais au sérieux et en assumant de bout en bout son statut de Pop Corn Movie estival. Cascades à l’ancienne, pastiches visuels, méchants que l’on adore détester… Lone Ranger revisite les classiques du Far West. Il s’appuie sur une narration maligne et des personnages attachants qui prennent le temps d’évoluer. Armie Hammer ne manque pas de charme sous ses apparences de premier de la classe trop sage. (On espère que l’échec commercial du film ne l’empêchera pas de trouver d’autres rôles à sa mesure.) Et Johnny Depp, plus dans la pantomime que jamais, se révèle assez drôle malgré le maquillage dont il est affublé.

Et pour ne rien gâcher, Gore Verbinski a affûté sa palette graphique. Misant plus du côté de l’univers de la bande dessinée que du western spaghetti, le cinéaste américain nous offre quelques jolies transitions scéniques inattendues. Ces cases animées ludiques et poétiques sont la marque d’un vrai parti-pris de mise en scène. Les bédéphiles apprécieront le foisonnement de détails dans les décors. La vision du lupanar de Verbinski prend des faux airs de cabarets lubriques et d’attraction enchantée. Un patchwork coloré qui n’est pas sans rappeler certaines cases du regretté Jean Giraud dans Blueberry.

Oui bien sûr, nombre de rebondissements sont prévisibles et certains gags traînent en longueur. Mais un peu de légèreté dans un été de mastodonte ça repose… Surtout quand on ne s’ennuie pas.

Marianne

2 Responses to Critique : Lone Ranger, de Gore Verbinski

  1. Après le Johnny-Pirate, le Johnny-Vampire, le Johnny-Barbier, le Johnny-Chocolatier, le Johnny-Chapelier et même le Johnny-Caméléon, voici le dernier modèle tout nouveau tout beau : le Johnny-Indien.
    Pour lire la critique de l’affiche de Lone Ranger, c’est par ici http://www.lecritiquedepub.com/lone-ranger-pirate-de-louest-2/

    • admin dit :

      Plutôt d’accord avec votre analyse de l’affiche. Elle manque vraiment d’originalité et c’est dommage car je trouve que le film mérite mieux que ce que le bouche à oreille laisse penser.

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