Critique : Lucy, de Luc Besson

Luc Besson aime les histoires simples et efficaces. Du moins depuis 15 ans. Lucy s’inscrit pleinement dans cette logique implacable. Mais avec son nouveau film, le cinéaste pousse cette mécanique à l’extrême. Cette fois-ci, il parvient à se plagier lui-même !

Lucy rassemble pêle-mêle toutes les idées qu’il a déjà traitées ces 15 dernières années. Cascades en voiture, tueurs à gages mégalomanes et sans pitié, belle jeune femme combative et une intrigue fine comme du papier cigarette… il ne manque rien. Quand on y regarde de plus prêt sa Lucy n’est rien d’autre qu’une Nikita blonde 2.0, qui emprunte à Liloo ses pouvoirs magiques.

Certes Besson sait y faire question tempo. Le film enchaîne les séquences d’action rythmées. La caméra est fluide, les scènes de bagarre opératiques et les dialogues pragmatiques. Mais malheureusement Besson ne fait presque rien de la grande idée de son film : que se passerait-il si quelqu’un était soudainement capable d’exploiter la globalité des capacités de son cerveau ?

Il n’en tire qu’un blabla scientifique sans substance et un discours métaphysique superficiel. Je passerai sur les métaphores animalières bancales qui viennent alourdir le propos. Je sais que Lucy est avant tout un film d’action. Mais un film d’action avec une trame qui tient la route, c’est mieux !

Heureusement que Scarlett Johansson est là pour sauver les meubles. Charismatique et envoûtante, elle illumine la caméra en un clignement de cil. D’ailleurs la seule réflexion intéressante que pose le film, c’est justement à propos du statut de la jeune femme. Entre Lucy, Her et Under the Skin, l’actrice semble vouloir transcender l’image traditionnelle de l’héroïne de cinéma. Une sorte d’évolution hybride et moderne de la femme fatale… La dessus, Luc Besson ne s’est pas trompé.

Marianne

 

 

Photo : © Jessica Forde/EUROPACORP – TF1 FILMS PRODUCTION – GRIVE PRODUCTIONS

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