Critique : Ma vie avec Liberace, de Steven Soderbergh

Quasi inconnu en France, le pianiste de music-hall Liberace a eu une vie comme les Américains les aiment : pleine de rebondissements. Ce virtuose à la personnalité hors normes a logiquement droit à son biopic. Toutefois, Steven Soderbergh (Effets secondaires) ne s’intéresse qu’à une petite partie de la vie de l’artiste, celle qu’il a passée avec le jeune Scott Thorson.

C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce long métrage, de nous raconter la vie de Liberace à travers les yeux de Scott. Le spectateur est en empathie immédiate avec ce personnage. Matt Damon (Elysium, Promised Land) étonne dans un rôle à des années-lumière de son registre habituel et surtout tient le choc face à un Michael Douglas en état de grâce. Ce dernier, iconoclaste, exubérant, scintillant dans tous les sens du terme, compose un Liberace aussi fascinant qu’exaspérant. Une figure de cinéma.

Après l’émerveillement et l’amour fusionnel, viennent le temps des doutes, des disputes et de la rupture. Si Soderbergh est à son aise dans la retranscription de cette relation fusionnelle, on aurait préféré une manière moins linéaire de raconter ces événements. Il se contente de passer d’une époque à l’autre, ponctuant chaque séquence de strass, de paillettes, de crises existentielles ou de chirurgie esthétique. Un montage décalé aurait, sans doute, insufflé plus de rythme.

L’amour, plus que l’homosexualité, est au coeur de Ma vie avec Liberace. Le décorum n’est qu’un prétexte pour évoquer ces relations à deux vitesses. D’un côté, celui qui abandonne tout et, de l’autre, celui qui prend tout. Au final, il en  ressort quelque chose de profondément triste sur les passions amoureuses. Même quand on sait qu’elles sont vouées à l’échec, elles n’en restent pas moins indispensables à vivre.

Marianne

 

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