Critique : Macbeth, de Justin Kurzel

Shakespeare inspire encore et toujours Hollywood. Même si Justin Kurzel n’est pas américain mais australien (on lui doit le polar noir Les Crimes de Snowtown) , il a réalisé avec Macbeth l’une de ces grandes tragédies classiques dont les studios hollywoodiens raffolent.

Un drame épique. Oubliez les adaptations d’Orson Welles ou de Roman Polanski, celle de Justin Kurzel s’inscrit dans une nouvelle dimension à la fois épique et théâtrale. D’un côté, il a opté pour des décors naturels somptueux. Jamais la dimension quasi mystique des landes écossaises n’avait été mise autant en avant. Balayée par les vents et avec ses couleurs fauves, elle est en osmose avec la tragédie qui se joue à l’écran.

Un jeu théâtral.
Kurzel a également opté pour un ton volontairement théâtral alors que sa mise en scène recherche au contraire une certaine forme de naturalisme romantique. Mais les acteurs qui récitent le texte semblent plus appartenir à la tradition du théâtre britannique qu’à la méthode hollywoodienne. Michael Fassbender (12 Years a Slave, X-Men : days of the future past) et Marion Cotillard (Blood Ties, Avril et le monde truqué) en tête. Ce parti pris dérangera peut-être certains spectateurs mais à Lost in Universes on pense au contraire que ce jeu exacerbé renforce le poids du drame.

Des thèmes universels. Mais ce qui fait la force d’une adaptation de Shakespeare reste évidemment la force du propos. La pertinence des thèmes abordés semble ne pas avoir faibli au fil du temps. Les faux prophètes. Le pouvoir qui rend fou. Et surtout ce destin auquel les hommes sont incapables d’échapper. Le spectateur assiste à la tragédie humaine dans ce qu’elle a de plus pathétique. Pourtant malgré cette dimension grandiose, Macbeth peine un peu à émouvoir. Comme si on admirait un magnifique tableau de loin sans parvenir à se projeter totalement dans l’agitation de l’ensemble.

On a tout de même hâte de découvrir ce que Kurzel nous réserve avec son prochain film, soit l’adaptation du jeu vidéo culte, Assassin’s Creed. Espérons qu’il aura conservé cette même fièvre shakespearienne…

Marianne

Le film en bref : Avec ce nouveau Macbeth , Justin Kurzel a opté pour une adaptation volontairement épique et théâtrale. Le résultat est une œuvre puissante même si les émotions restent un peu figées.

Photo : © StudioCanal

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