Critique : Malavita, de Luc Besson

Un bon livre ne fait pas forcément un bon film. Pourtant Malvita, signé Tonino Benacquista, contenait nombre d’ingrédients éminemment cinématographiques. Un petit village normand en guise de décor. Une famille dysfonctionnelle qui sert d’anti-héros. Et une satire mafieuse en toile de fond.

En plus au petit jeu du casting, Luc Besson s’en sort plutôt bien puisqu’il a réussi à séduire Al Capone et Don Corleone en personne, alias Robert De Niro. Et pour le grand Bob(vu dernièrement dans Happiness Therapy), il n’est pas question de cabotiner… même si dans les yeux de l’acteur on peut lire une certaine malice à l’idée de jouer encore les mafieux à 70 ans. A ses côtés, on retrouve la trop rare Michelle Pfeiffer (Dark Shadows) toujours en forme (merci Michelle de ne pas avoir succombé à la mode du Botox), l’inoxydable Tommy Lee Jones (Lincoln, un peu sous-exploité), la ravissante Diana Agron (échappée de Glee) et le jeune John D’Leo (qui a des faux airs de De Niro jeune, bien joué Monsieur le Directeur de casting).

Seulement, de ce pamphlet irrévérencieux et drôle sur la mafia, Besson n’a retenu que la comédie policière. De référence essentielle sur la déliquescence de la famille, la chienne (la Malavita du titre) devient un simple ressort humoristique. Les exactions de chaque membre de la famille prêtent à sourire. Mais à la longue, elles deviennent tellement prévisibles qu’on finit par s’ennuyer ferme.

Pire, Besson n’exploite pas la scène essentielle du roman. Celle où le père se retrouve, malgré lui, à commenter devant une salle subjuguée les Affranchis de Martin Scorsese. Il y avait derrière toute une réflexion croustillante sur les arcanes de la mafia à laquelle nous n’aurons hélas pas droit. Même la mise en abyme tant attendue (De Niro qui regarde De Niro dans un film) n’aura pas le mordant attendu.

La mise en scène, comme toujours, est efficace et va droit au but, sans fioritures. Le principal gimmick du réalisateur consiste à proposer un montage en parallèle entre les différents protagonistes.

Tout ça fait de Malavita le parfait film de dimanche soir. Rythmé (sans aucun doute) et drôle (par moments). Pour la deuxième lecture subtile (aie ! J’ai écrit le mot qui fâche), on repassera…

Marianne

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