Critique : Maléfique, de Robert Stromberg

A Lost in Universes, nous attendons toujours les productions du studio aux grandes oreilles avec une certaine impatience. Et avec Maléfique (Maleficent dans la langue de Shakespeare), vendu comme présentant pour une fois le point de vu de la méchante, nous trépignions d’autant plus.

Peut-être que trop d’impatience a empoisonné Maléfique, mais c’est plutôt la déception qui était au rendez-vous. Ce n’est pas à cause de l’univers qui est réussi. La forêt enchantée en particulier est magique avec ses animaux extraordinaires (une mention spéciale est à attribuer aux étranges poissons volants à bec de méduse). Ce n’est pas non plus la faute des acteurs qui font de leur mieux pour tirer leur épingle du jeu. Angelina Jolie est magnifique dans ce rôle de bad girl trahie par son amoureux. Non, le problème tient au scénario et à la sous-exploitation des personnages et des êtres créés. Les fées sont plus ridicules que drôles, les hommes-arbres font de la figuration, les mâles sont falots… Quant à la Belle au bois dormant (Elle Fanning, Ginger et Rosa), à part sourire en permanence, elle ne fait pas grand chose. Heureusement, Diaval le corbeau (alias le charismatique Sam Riley) vient un peu relever le niveau des personnages secondaires.

Attention spoilers De plus, si l’on peut voir le baiser de fin comme une interprétation féministe du conte où les jeunes filles n’ont plus besoin des princes charmants pour les sauver (c’était déjà le cas dans la Reine des neiges), l’on peut aussi trouver que le conte est dénaturé. Après tout, la Belle au bois dormant c’est d’abord et avant tout un conte romantique qui met en scène l’éveil des sens au moment de la puberté après le sommeil de l’enfance. Avant que les frères Grimm entreprennent de désérotiser  les contes traditionnels pour les rendre plus présentables au public bourgeois de l’époque, l’histoire était (beaucoup) plus coquine…

Au total, le scénario de Clochette et la fée pirate était plus abouti et plus malin. Reste la très belle idée des ailes. Emouvante à souhait, elle reste le fil magique qui fait que malgré tout le spectateur prend plaisir à suivre les péripéties de Maléfique.

Laurence

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