Critique : Match retour, de Peter Segal

La boxe possède une cinégénie incontestable. Dans la vraie vie, voir deux hommes se taper dessus pendant deux heures, ça m’intéresse autant que ma première layette. Pourtant une fois sur grand écran, tout change. Les boxeurs s’émancipent de leur statut de simples combattants pour devenir des guerriers usés par l’existence. L’affrontement devient le combat d’une vie. La rage devient de la force intérieure.

Et puis il y a les scènes incontournables du genre. L’entraînement rythmé par une musique exaltante, les coups de poings filmés au ralenti, le suspense du KO, les regards inquiets de la femme dans les tribunes et la conférence de presse…

Dans Match retour (Grudge Match), aucune de ces séquences ne manquent à l’appel. Sauf que les protagonistes ne sont pas simplement usés, ils sont vieux. Trop vieux. Voir Stallone reprendre les gants une pénultième fois n’étonnera pas grand-monde. Pourquoi changer une équation qui marche depuis plus de 35 ans ? Mais que Robert De Niro ait accepté de remonter sur le ring laisse un peu plus perplexe. Bien sûr, on saisit l’allusion. La mise en abyme. Vous allez enfin savoir qui de Rocky Balboa ou de Jack La Motta est le plus fort.

Ce seul postulat peut-il suffire à faire un film ? La réponse est mitigée. Du côté du scénario, c’est le calme plat. Rien de plus qu’une énième rivalité entre deux légendes du sport. L’un devra pardonner à la femme qu’il a toujours aimée et l’autre se racheter auprès d’un fils dont il ne s’est pas occupé. Bref, le pathos n’est jamais loin. Même l’issue du grand match ne fait pas illusion très longtemps.

Heureusement, le réalisateur ne prend jamais tout cela très au sérieux. Le rythme est enlevé et l’humour bien présent. Peter Segal arrive même à installer une petite réflexion sur la vieillesse. Et même si Stallone est en pilotage automatique et que De Niro cabotine un peu, leur duo fonctionne.

Enfin, quelle bonne idée d’avoir pris Jon Berthal (Mob City, Le Loup de Wall Street) pour jouer le fils de Robert De Niro. A Lost in Universes cela fait longtemps qu’on avait fait de l’acteur de Walking Dead, le fils spirituel du grand Bob. Il offre, sans conteste, les séquences les plus émouvantes du long métrage.

Tout cela ne fait pas de Match Retour un grand film, mais vous ne passerez pas un mauvais moment.

Marianne

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