Critique : Men & Chicken, de Anders Thomas Jensen

Le cinéma danois n’en finit plus de faire parler de lui. Il faut dire que Lars Von Trier et Thomas Vinterberg ont fait naître de nombreuses vocations depuis le dogme, sorte de nouvelle vague danoise des années 90. Anders Thomas Jensen n’est pas exactement un petit nouveau puisqu’on lui doit notamment Les Bouchers Verts ou encore Adam Apple’s, des satires aussi saugrenues que grinçantes sur la folie ordinaire. Men & Chicken continue de creuser le sillon. Un peu trop peut-être.

Humour noir. Dans le monde imaginaire d’Anders Thomas Jensen, les fous sont les rois. Ceux de Men & Chicken sont particulièrement frappés du bocal. Puisqu’en plus d’être un poil difformes (ils ont tous un bec de lièvre), ils passent leur temps à se donner des coups de pelle ou à fourrer des poules (non ce n’est pas une image !). Des anti-héros monstrueux, qui vivent sur une île entourés d’un père version moderne du docteur Frankenstein. Des doux dingues hermites qui vont bientôt se découvrir des frères cachés et surtout percer le mystère de leur conception.

Affreux, sales et gentils. Ce joyeux bestiaire est composé de la fine fleur des acteurs danois puisqu’on y trouve Mads Mikkelsen (Hannibal) et Nikolaj Lie Kaas (Les Enquêtes du département V). Si la métamorphose est saisissante (ils sont méconnaissables), pas sûr que tous les spectateurs goûtent pleinement à leurs aventures. Car si ce cinéma mal élevé est parfois réjouissant, il nous emmène également à de nombreuses reprises sur le terrain du sordide. Un peu trop à mon goût pour en rire sans arrières pensées.

Il était une fois. Heureusement, Anders Thomas Jensen a la bonne idée d’emballer son récit sous la forme d’une fable sur la famille dysfonctionnelle. De toute cette noirceur, la beauté peut naître. Voilà quelle semble être la morale de ce conte tordu. Pas sûr pour autant qu’on est envie de faire partie de cette belle famille recomposée…

Marianne

Le film en bref : Men & Chicken ose s’aventurer sur les chemins tortueux du conte amoral. C’est franchement pas toujours agréable à regarder. Mais on appréciera tout de même dans l’entreprise, son empathie pour les monstres gentils.

Photo : © Rolf Konow/DCM

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