Critique : Metallica Through the Never, de Nimród Antal

Pour vous Metallica est essentiellement synonyme de « gros son », d’un univers gothique épuré tendance Trash Metal et de quelques ballades universelles (Ah ! Nothing Else Matters ) ?  Le visionnage de l’ovni de Metallica Through the Never de Nimród Antal devrait élargir vos horizons. Ce concert filmé en 3D est une vraie bonne surprise.

Tout d’abord, il y a le show en lui-même qui suit le groupe sur une scène géante d’où jaillissent des tonnes d’accessoires et d’effets pyrotechniques (à la limite du kitch par moments, même s’ils font tous référence aux différents albums du groupe). Grâce à la 3D, l’immersion est totale. Et être à côté de Kirk Hammet quand il fait ses solos de guitare magiques, c’est impressionnant. Car pour ceux qui l’ignoreraient encore, les membres de Metallica sont tous des musiciens virtuoses. Le réalisateur du remake de Predator pose sa caméra toujours au bon endroit, sans jamais nous donner le tournis.

Au-delà de la performance scénique, que certains pourraient trouver redondante, le film est entrecoupé de scènes de pure fiction. On y suit le jeune roadie, Trip, chargé d’aller récupérer un sac au contenu mystérieux et qui va se retrouver malgré lui pris dans des émeutes. Coécrit par les membres du groupe et le réalisateur, cette partie fictionnelle plonge soudainement le spectateur dans une ambiance urbaine apocalyptique. Le résultat, graphique et dérangeant, dépasse largement les frontières du simple clip grandeur nature. Dans ce rôle quasi-mutique, Dane Dehane (The Place Behind the Pines et bientôt dans Kill Your Darlings) impressionne et confirme son attachement pour les rôles de marginaux.

Tous ces éléments font de Metallica Through the Never un objet cinématographique à part entière. Rêve, réalité ou cauchemar ? Peu importe ! Il ne s’agit pas de tout comprendre mais simplement de ressentir. Au final, Lars Ulrich, James Hetfield et Kirk Hammett prouvent, du haut de leur cinquante ans, qu’ils n’ont rien perdu de leur rage d’antan, ni de leur cohésion avec la jeunesse.

Un petit reproche tout de même. Afin de mieux rendre compte du caractère subversif du groupe, il aurait été de bon ton de traduire les paroles. Oui je sais c’est une demande de profane, mais de profane cinéphile.

Marianne

L’info en plus : Metallica et le cinéma n’en sont pas à leur première histoire. Les fans se souviennent encore avec émotion du documentaire Some Kind of Monsters sorti en 2004 qui montrait le groupe en pleine crise existentielle. Le groupe a également collaboré avec Monsieur Darren Aronofsky (Requiem For a Dream et bientôt de retour dans Noé) sur le clip The View avec Lou Reed. Enfin, récemment, le documentaire Mission to Lars suivait un fan du groupe atteint d’une forme d’autisme qui quittait son Angleterre natale avec son frère et sa sœur pour rencontrer aux Etats-Unis son idole, Lars Ulrich.

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