Critique : Miss Peregrine et les enfants particuliers, de Tim Burton

Big Eyes, biopic un peu décevant sur la vie de la peintre Magaret Keane, était une exception dans la filmographie de Tim Burton. Avec Miss Peregrine et les enfants particuliers, adaptation du best seller du même nom, le cinéaste revient à son domaine de prédilection : les univers étranges et décalés. Bien sûr c’est peut-être enfantin mais promis cela reste digne d’intérêt.

L’envers du bizzare. Pour qui a lu le roman de Ransom Rigg, il n’est pas difficile de décéler ce qui a pu plaire au réalisateur de Edward aux mains d’argent. L’auteur a imaginé un conte peuplé de créatures étranges dont il a trouvé l’inspiration dans une série de vieilles photographies. Cet univers freaks sied totalement à l’ami Tim. Mais il se permet d’y ajouter quelques petites touches personnelles dans les détails et les finitions (je pense notamment à la scène avec les pantins animés qui n’a pas tout à fait la même connotation dans le bouquin).

Des enfants et des monstres. Ce n’est d’ailleurs pas les seuls ajustements que Burton et le studio se permettent. La première partie du récit qui conduit un jeune garçon sur une île reculée d’Irlande pour retrouver le passé de son grand-père est assez fidèle au roman. La maison des enfants particuliers possède la même aura gothique. Mais sans doute afin de sensibiliser les spectateurs plus vieux et de répondre aux tendances actuelles en matière de super héros, la version cinématographique se permet de faire vieillir quelques personnages, de rajouter plus de romance et surtout de mettre en avant les capacités de chaque enfant. Ces changements assez radicaux dans la dernière partie du film apportent un vrai dynamisme à l’histoire de Rigg.

Un petit manque d’enjeux. Miss Peregrine regorge de jolies trouvailles, notamment sur la relation au temps que Burton réinvente ou encore une magnifique Miss Perigrine interprétée par la sublime et terrifiante Eva Green. Malgré tout, le long métrage souffre d’un léger manque d’enjeux dramatiques. Les méchants ont du mal à être convaincants (mais c’était déjà le cas dans le livre). Il manque une métaphore politique ou une deuxième lecture plus adulte pour rendre ce Miss Perigrine totalement captivant. Heureusement cela n’empêche pas l’ensemble d’être divertissant et plaisant. Reste seulement à espérer que la suite (deux autres livres sont déjà parus) fera preuve de plus d’audace narrative.

Marianne

le film en bref : Un conte étrange dans la lignée de l’univers fantasque de Tim Burton qui souffre d’un petit manque d’originalité malgré des personnages attachants et de vraies trouvailles visuelles.

Photo : 20th Century Fox

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