Critique : Mission impossible – Rogue Nation, de Christopher McQuarrie

La saga Mission impossible n’est pas une franchise comme les autres. Initiée dans les années 90 (autant dire un siècle pour les moins de 20 ans !), cette adaptation de la série culte des années 60 a la particularité de compter un réalisateur différent à chaque opus. Pardon, je veux dire un vrai réalisateur (pas un simple faiseur) imposant à chaque fois sa vision sur cet univers.

Brian De Palma avait ouvert le bal avec un opus paranoïaque et virtuose, même s’il s’était empêtré dans quelques lourdeurs scénaristes. John Woo avait enchaîné avec une ode mégalomaniaque et rutilante autour de l’omnipotence de Ethan Hunt. Quelques années plus tard, J. J. Abrams remettait les pendules à l’heure en réalisant un film d’espionnage qui resserrait son cadre sur l’intrigue et la psychologie des personnages. Enfin, Brad Bird réintroduisait l’importance de l’équipe dans un volet résolument cartoonesque dans le bon sens du terme.

Christopher McQuarrie (Jack Reacher) se devait donc de relever un défi de taille : faire aussi bien que ces illustres prédécesseurs. En termes de réalisation, le contrat est pleinement réussi. MI5 est un bijou d’action qui envisage les séquences de bravoure comme un ballet et non comme un concours de pyrotechnies. Deux séquences sont particulièrement remarquables : celle qui se situe à l’Opéra et la course poursuite en moto. Inventives, lisibles et opératiques… elles sont conçues comme des numéros d’équilibristes. Fabuleux.

Mais question trame scénaristique, le résultat est plus mitigé. Certes McQuarrie semble vouloir renouer avec l’esprit originel de la série. On revient aux masques et aux coups de bluff grandeur nature. C’est efficace mais ça manque un peu d’originalité. Quant à la fameuse équipe, que Brad Bird avait réussi à recréer dans l’opus précédent, elle bat ici un peu de l’aile. Certes Simon Pegg (Absolutly Anything) et Rebecca Ferguson (bientôt dans La Fille du train) ne démérite pas mais Jeremy Renner (Avengers) et Ving Rhames font clairement de la figuration… Dommage.

Par contre, le cinéaste est le premier à avoir donné à la série un vrai personnage féminin. Loin de l’éternel rôle de faire- valoir, ou de femme en détresse, Rebecca Ferguson joue à jeu égal avec Tom Cruise, le sauvant même à plusieurs reprises. Un petit conseil pour la suite : si on pouvait retrouver son personnage dans les prochains films, ce serait sympa… Car à l’heure où les séries ont fait du storytelling un art, le développement sur la durée des personnages d’une saga devrait être une évidence.

Marianne

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