Critique : Möbius, d’Eric Rochant

Eric Rochant aime les polars. Depuis  Les Patriotes en passant par la série Mafiosa ou même le très onirique Anna Oz, il a prouvé qu’il maîtrisait l’art du double jeu. Son retour au genre espionnage avec Möbius était donc attendu avec une certaine impatience. D’autant plus qu’il réunit en tête d’affiche Jean Dujardin et Cécile de France, pour une romance impossible.

Mais voilà, malgré un scénario bien ficelé et un rythme soutenu, Eric Rochant ne parvient jamais à transcender le genre. Le décor monégasque est trop lisse. Les personnages secondaires sont trop froids. Le méchant (pourtant interprété par le charismatique Tim Roth) donne trop dans la caricature. On aurait aimé un peu plus d’aspérité, d’ambiguïté. Bref un soupçon de Homeland

Quant à l’histoire d’amour, elle est au final  peu crédible. La tonalité charnelle de la relation des amants redonne un peu de couleur à l’ensemble mais des dialogues peu inspirés viennent rompre cette belle harmonie. Avec les tête-à-tête des deux héros, on bascule soudain de l’ambiance French Connection à celle du Mépris de Godard. Le choc des cultures passe assez mal. Et c’est dommage car on ne demandait vraiment qu’à se laisser séduire !

Marianne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *