Critique : Mommy, de Xavier Dolan

Comment décrire le déluge d’émotions qui envahit le spectateur à la vision de ce Mommy ? C’est impossible. Comment Xavier Dolan, du haut de ses 25 ans, peut-il à ce point avoir saisi l’essence du cinéma ? Je ne sais pas. Mais peu importe car Mommy  est tout simplement au-delà des superlatifs. De la mise en scène à la narration, du jeu des acteurs au développement des personnages, Xavier Dolan fait un sans faute.

Jusqu’à présent à Lost in Universes, on trouvait son cinéma inspiré, poétique et référencé, mais un peu jeune surtout dans son propos. Ici Dolan a clairement franchi une nouvelle dimension. Pourtant Mommy n’est pas un film sage. Bien au contraire. Ses personnages sont hors normes. Sa bande son carbure à la pop décomplexée (oui Xavier Dolan va vous faire planer sur du Céline Dion !). Et ça crie, ça hurle, ça pleure dans un accent québécois à couper au couteau (merci les sous-titres). Mais c’est justement ce désordre apparent qui donne cette tonalité unique au long métrage. Comme si Dolan avait voulu filmer un concentré de vie de deux heures vingt.

Résultat, l’histoire de cette mère célibataire déboussolée qui tente de faire face aux crises de colère de son fils est une sorte d’électrochoc émotionnel. Surtout que ces deux êtres à la dérive vont recevoir l’aide inattendue d’une voisine, un peu perdue elle aussi. Et ensemble, ils vont créer une sorte de famille dysfonctionnelle et se réinventer.

Mais là ou Dolan est très fort, c’est que grâce à sa mise en scène maligne, il parvient à dépasser son sujet pour nous faire vivre une expérience visuelle totale. Le cinéaste jongle, avec une grâce qui lui est propre, entre les moments de tension et les scènes aériennes et lyriques. Son choix de cadre, volontairement serré, interroge la notion même de liberté. Et il vous réserve même une belle surprise…

Pour faire vivre ses personnages, Dolan a opté pour un trio d’acteurs virevoltants. De la solaire Anne Dorval à la douce Suzanne Clément sans oublier la révélation Antoine-Olivier Pinon, ils accrochent la lumière de la plus belle façon. Chacun avec un tempo différent mais avec la même assurance.

Oui, c’est vrai que Xavier Dolan a pleinement conscience de ce qu’il fait. Et alors  ? C’est justement ça qui fait toute la magie de ce film que vous ne devez rater sous aucun prétexte. Aucun, j’ai dit !

Marianne

Photo : © Shayne Laverdiere

2 Responses to Critique : Mommy, de Xavier Dolan

  1. antoine missirliu dit :

    tout à fait raccord avec ta bonne critique ! Gary se trompe !!!
    ET je vais courir aller voir gone girl !!! Merci

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