Critique : Monstres Academy, de Dan Scanlon

En 2002 dans Monstres et Cie, le monde apprenait que les monstres du placard étaient bien réels… mais qu’il ne fallait plus en avoir peur. On découvrait aussi deux héros attachants, malgré un physique peu banal (surtout pour Bob, car au final Sully n’est rien d’autre qu’une grosse peluche vivante). Quand Pixar a annoncé qu’un deuxième volet de leurs aventures était en préparation, une petite étincelle dans notre cœur d’enfant s’est allumée. Une étincelle qui a toutefois un peu perdu de son éclat, quand on a appris que ce Monstres Academy ne serait pas une suite mais un prequel.

Pourquoi ? Parce que même si l’idée de découvrir les aventures universitaires de nos deux monstres préférés semblait séduisante, la déception était aussi immense de ne pas retrouver la mignonne Bouh (la petite fille du premier épisode). Sans oublier que dans une suite, Bob et Sully auraient évolué dans un nouveau monde qu’il aurait été intéressant d’explorer…

Toutefois, une fois de plus la magie de Pixar opère. Et, c’est même le contraire qui se produit. Monstres Academy parvient, comme Toy Story 3, a dépasser son prédécesseur.

Première raison de se réjouir, la qualité visuelle du long métrage. Cela sonne presque comme une évidence… Et pourtant, réussir la transition entre les deux films était un vrai défi, artistique et technique. Près de dix ans séparent les deux longs métrages, soit presque cent ans dans le domaine des technologies numériques ! Le résultat est impeccable. Entre une animation qui a gagné en fluidité, des détails de textures réalistes (les poils de Sully sont encore plus soyeux qu’autrefois), les créatifs ont su conserver l’âme picturale du premier volet. Monstres Academy nous entraîne dans un monde multicolore où les teintes pastel règnent en maître. Les couloirs gris et blanc de l’usine sont avantageusement troqués contre un campus universitaire aux faux airs de parc d’attraction géant. Les nouveaux venus de la petite troupe monstrueuse s’inscrivent dans une esthétique aussi créative que facétieuse. La palme du character design revient à la revêche doyenne Hardscrabble. Hybride entre le mille-pattes et le dragon ailé, elle est le seul personnage à posséder une dimension vraiment inquiétante.

Le scénario se révèle aussi beaucoup plus complexe que prévu. Non seulement, il accumule les moments de bravoures rocambolesques, mais il parvient également à surprendre. Un vrai challenge surtout dans le cadre particulier du prequel, le spectateur étant persuadé de connaître déjà la fin de l’histoire. Et comme toujours chez Pixar, la psychologie des personnages constitue une trame narrative essentielle. Les scénaristes réussissent même à inverser la dynamique du premier épisode, en faisant de Bob le héros et de Sully le side kick un peu grognon. Bien vu sur toute la ligne.

Sans atteindre tout à fait le niveau d’émotion de Là-Haut ou de Toy Story 3, Monstres Academy s’impose comme le film à voir en famille cet été et qui séduira les petits comme les grands.

Marianne

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