Critique : Monuments Men, de George Clooney

Pendant la guerre, l’art n’est pas une priorité. L’information n’est pas nouvelle ni surprenante. Difficile, du moins en apparence, de se soucier du destin d’un petit clocher du XVIIIe siècle quand tant d’hommes et de femmes ont perdu la vie. Pourtant à la fin de la Seconde Guerre mondiale, un petit bataillon de soldats fut constitué afin de sauver ce qui pouvait l’être.

Enfin de soldats, c’est un bien grand mot. Conservateur de musée, interprète, sculpteur… ils n’étaient clairement pas des agents de terrain expérimentés. Mais nous devons à ces Monuments Men le sauvetage de milliers d’œuvres d’arts volées par les Allemands.

Faire la guerre pour l’amour de l’art ? Le malin George Clooney (Gravity) a trouvé le sujet cinématographique en or de l’année. Une équipe de bras cassés, la débâcle des nazis, le don de soi… tous les ingrédients sont là pour faire un long métrage « héroïcotragique » comme les Américains savent si bien les faire. Seulement voilà, après un début en fanfare, le film peine à trouver son rythme. Le problème, c’est que l’acteur/cinéaste hésite constamment entre la comédie et la tragédie. On y passe de la joyeuse ambiance version 12 Salopards à celle plus austère de Band of Brothers.

Dans la bataille, le spectateur a un peu de mal à ne pas perdre son latin émotionnel. Sans doute, George Clooney n’a-t-il pas réussi à prendre la distance suffisante avec son sujet. Pourtant le message du film est limpide, nul besoin de fioritures lyriques pour le comprendre.

Le casting assure heureusement le dépaysement. Matt Damon (Elysium), Cate Blanchett (Blue Jasmine), Bill Murray (The Grand Budapest Hotel) ou encore John Goodman (Flight) ne déçoivent pas. Difficile d’en dire autant de Jean Dujardin (Le Loup de Walt Street, 9 Mois ferme) qui a du mal à exister, tant son personnage est traité de manière anecdotique.

Dommage. D’autant que le film contient des scènes d’une vraie maîtrise visuelle. Comme cette séquence de repas dont l’imagerie et la tension rappellent l’Inglorious Basterds de Quentin Tarantino. Ce n’est pas grave. La prochaine fois, c’est sûr, George fera mieux.

Marianne

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