Critique : Noé, de Darren Aronofsky

A Hollywood, la Bible est en retour de hype. Ridley Scott peaufine son Exodus : Gods and Kings avec Christian Bale dans le rôle de Moïse. La MGM prévoit de remaker son Ben-Hur en développant sa dimension biblique. Même Brad Pitt serait associé à un projet de film sur Ponce Pilate. Darren Aronofsky, assez branché sur le mysticisme depuis The Fountain, ouvre le bal avec sa relecture de Noé.

Le cinéaste connaît son sujet sur le bout des doigts. Sous son regard de passionné, ce court passage de la Bible va prendre une nouvelle envergure. Aronofsky en fait avant tout une fable écologique. Le prologue aussi magique qu’inquiétant résonne de manière étrangement actuelle. Il n’hésite pas non plus, pour notre plus grand plaisir, à creuser le sillon Heroic Fantasy. Les terres brûlées et la forêt luxuriante rappellent l’oeuvre de Tolkien. Les anges déchus sont à mi-chemin entre les Ents du Seigneur des Anneaux et les Transformers de Michael Bay.

Durant la première heure, le spectateur assiste à un vrai spectacle, fait de moments de bravoures et de suspenses. Les arrivées massives d’animaux, entièrement réalisées en 3D, impressionnent autant qu’elles émeuvent. Le suspense est palpable et le fardeau de Noé compréhensible. Puis notre belle petite famille grimpe dans l’Arche… et tout à coup il ne passe plus grand-chose. La dernière demi-heure se résume en une sorte de prêchi-prêcha lacrymal qui ne fonctionne plus du tout. Certes on comprend toute la dimension shakespearienne de l’entreprise ou même les références à d’autres passages de la Bible, mais rien n’y fait. Il faut dire que transformer soudainement Noé en Jack Nicholson dans Shining n’aide pas beaucoup.

Pourtant, Russel Crowe (Man of Steel), Jennifer Connelly (Un Amour d’hiver) et Emma Watson (The Bling Ring) se donnent du mal pour nous convaincre. Logan Lerman (Percy Jackson) dans la peau de Ham, le second fils, est certainement le personnage le plus intéressant de cette épopée. Malheureusement, sa présence ne suffira pas à empêcher ce Noé de boire la tasse.

Marianne

L’info en plus : Darren Aronofsky porte ce projet en lui depuis des années. A l’âge de 13 ans, grâce à un poème écrit sur le prophète biblique, il remporte un concours des Nations-Unies !  C’est dire si le réalisateur a eu le temps de réfléchir à son sujet. En 2002, il parvient enfin à écrire une première version du scénario. Evidemment, à l’époque les studios rechignent à financer la chose. Mais Aronosky a de la suite dans les idées. Il décide de transposer son histoire sur papier. C’est comme cela que la bande dessinée Noé* voit le jour. C’est seulement après le succès de Black Swan qu’il parviendra à convaincre Paramount de le suivre dans cette aventure.

*Noé, quatre tomes chez Le Lombard.

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