Critique : Nymphomaniac, Volume 2, de Lars Von Trier

Le premier volet de Nymphomaniac était un peu vain mais il avait le mérite d’être assez graphique, créatif et même malin. Soyons clair, ce deuxième volet est tout aussi vain et il a en plus perdu son élégance. Maintenant, Joe (Charlotte Gainsbourg, convaincante) est une adulte. Sa nymphomanie la pousse à transgresser toutes les règles de la société. Elle détruit donc sa famille pour assouvir ses penchants pervers. Cette deuxième partie plus sombre était l’occasion d’explorer le subconscient de l’être humain. Il n’en sera rien. Lars Von Trier préfère emballer son histoire d’un propos abscons et provocateur.

Le réalisateur tire à boulets rouges, sans aucune subtilité, sur tout ce qui bouge : la religion, le politiquement correct, la psychanalyse, la famille… S’il cherche à justifier ses propos ambigus d’il y a deux ans, c’est franchement raté. Le pire ? Sans doute, les délires de Joe sur la pédophilie. Heureusement que tout ceci prête plus à rire qu’à être pris au sérieux. La fin, stupide et facile, parachève ce sentiment de gâchis.

Lars Von Trier réussit tout de même à filmer la misère sexuelle et la perversité humaine avec talent. Il faut bien lui reconnaître cela. Les scènes de sévices, avec un Jamie Bell (Snowpiercer) froid et cynique comme de la glace, sont gérées avec finesse. C’est bien tout le paradoxe du cinéaste : être capable de frôler le sublime et le grotesque dans un même film.

Et pour ceux qui attendent désespérément les quarante minutes de scènes coupées pour juger, je n’ai qu’une seule question : comment quarante minutes de scènes pornographiques pourraient-elles rendre ce film meilleur ? Vraiment, j’ai beau chercher, je ne vois pas. Je préfère revoir l’Empire des sens !

Marianne

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