Critique : Oblivion, de Joseph Kosinski

Oubliez toutes vos certitudes. A l’image de ses personnages, Oblivion n’est pas, tout à fait, ce qu’il semble être en apparence :  un film de science-fiction comme les autres.  Certes son point de départ, une planète dévastée par une guerre nucléaire contre des aliens invisibles, nous conduit sur la piste archi-connue de l’univers post-apocalyptique. Bienvenue dans le quotidien banal d’un certain Jack Harper (Tom Cruise, inspiré) et de son équipière Vika (Andrea Risborough, aussi fragile qu’inquiétante). Tous les deux ont été laissés sur Terre pour récupérer les dernières ressources avant de rejoindre Titan, nouvel eldorado des humains survivants.

Entre deux réparations de drones, Jack rêve d’une belle inconnue…

Qu’est- ce qui fait de nous des êtres humains ? Sans trop en dévoiler c’est certainement une des questions essentielles de ce long métrage élégant et racé.

Aride. Froid. Clinique. Epuré. Technologique. Le monde futuriste imaginé par Joseph Kosinski est volontairement sobre et anti-spectaculaire. Bien loin des excès chromatiques et tape-à-l’œil des derniers blockbusters hollywoodiens, l’ancien clippeur lorgne sur les ambiances désincarnées des années 70. Andreï Tarkovski et Stanley Kubrick  en tête. Il y a du 2001, l’Odysée de l’espace dans cet Oblivion. Mais pas que. Matrix des Wachowski ou encore Moon de Duncan Jones ne sont jamais loin non plus.

Si ce patchwork référentiel semble pleinement intégré (certains clins d’œil sont clairement volontaires), le réalisateur, lui-même auteur du scénario, peine à dépasser ces modèles. Une fois de plus, l’univers tient la route mais la narration se fait plus hasardeuse. L’effet de surprise est relatif. Les personnages secondaires manquent de profondeur. Excellente dans A La Merveille ou dans la série Magic City, Olga Kurylenko semble ici  quasi absente. Elle incarne pourtant un élément clef de l’histoire…

Et au final, les questions soulevées par le film restent au stade du prosaïsme. Dommage car il se dégage d’Oblivion une vraie étrangeté qui vaut le coup d’œil.

Marianne

2 Responses to Critique : Oblivion, de Joseph Kosinski

  1. Bouacha adel dit :

    Salut je viens de découvrir ton site et tes belles critiques cinema, bravo pour cette réalisation et bonne continuation. PS: Du coup tu m’a donné envie d’aller voir Oblivion. lol

    • admin dit :

      Merci Adel. Oblivion vaut plus pour son univers magnifique que pour son scénario mais il est déjà meilleur qu’After Earth sur un sujet similaire.
      Félicitation pour ton mariage.

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